L’initiateur de Bridge Capital, Anthony Scaramucci, a déclaré dans une interview à CNBC que la clause morale du « CLARITY Act » qui interdit aux responsables fédéraux de parrainer des cryptomonnaies n’a pas assez de portée ; il estime que la même logique éthique devrait s’étendre à toutes les formes de transactions reposant sur des informations privilégiées, et pas seulement aux actifs numériques. Le cœur de son argumentation tourne autour des opérations boursières des parlementaires.
La position d’Anthony Scaramucci sur le « CLARITY Act »
Dans son interview à CNBC, Scaramucci indique que la nouvelle clause éthique du CLARITY Act relative aux cryptomonnaies (interdisant aux présidents et aux responsables fédéraux d’émettre ou de parrainer des actifs numériques) est correcte sur le plan de la logique morale, mais que son champ d’application est trop étroit ; il pense que si l’interdiction morale liée aux cryptomonnaies devient un précédent, la même logique devrait s’appliquer à toutes les formes d’utilisation d’informations non publiques pour réaliser des transactions.
Il souligne que la cause institutionnelle du problème réside dans la structure des salaires au Congrès : le salaire annuel des parlementaires est de 180k dollars, et il estime que cela donne à certains élus une incitation à tirer profit d’un avantage lié à leurs fonctions. Il propose une solution inspirée du modèle singapourien : les responsables perçoivent des salaires de plusieurs millions de dollars, mais reçoivent en parallèle un encadrement éthique plus strict.
Le dossier de performance du portefeuille d’« Nancy Pelosi »
Des registres de transactions accessibles au public montrent que le portefeuille géré par le mari de l’ancienne présidente de la Chambre des représentants, Paul Pelosi, affiche les performances suivantes :
Rendement en 2024 : 70,9 % (S&P 500 sur la même période : 24,9 %)
Cumul depuis 2014 : rendement total supérieur au niveau de référence de plusieurs milliers de points de pourcentage
Comparaison sur la même période : a constamment surpassé, au fil des années, Berkshire Hathaway de Warren Buffett
La députée Anna Paulina Luna avait accusé Pelosi d’avoir utilisé des informations non publiques pour effectuer des transactions ; à ce stade, Pelosi n’a fait l’objet d’aucune accusation d’acte répréhensible. Scaramucci cite ces données pour étayer sa thèse : les parlementaires devraient être soumis à des normes éthiques du même niveau que celles qui s’appliquent aux cryptomonnaies en matière de transactions boursières.
L’historique législatif du « STOCK Act »
Scaramucci cite un précédent législatif réel : le « STOCK Act » a été adopté en avril 2012, interdisant aux parlementaires d’utiliser des informations non publiques pour leurs transactions boursières ; toutefois, un an plus tard, le Congrès a discrètement adopté des amendements « à l’unanimité » afin d’annuler l’exigence de mettre en place une base de données en ligne consultable des transactions des employés, et cet amendement n’a pas fait l’objet d’un vote enregistré.
Scaramucci souligne que cette manière d’éviter le contrôle public par des votes procéduraux ressemble à s’y méprendre aux compromis du CLARITY Act actuels sur le plan des règles éthiques. Le ministre des Finances, Scott Bessent, pousse actuellement pour le rétablissement de restrictions plus strictes sur les transactions boursières des parlementaires.
Questions fréquentes
Quelles critiques précises Scaramucci formule-t-il à propos de la clause morale du CLARITY Act ?
Dans une interview à CNBC, Scaramucci a déclaré que la clause morale du CLARITY Act, qui interdit aux responsables fédéraux d’émettre ou de parrainer des actifs numériques, est trop limitée ; il estime que la logique éthique qui sous-tend l’interdiction des cryptomonnaies — empêcher de tirer profit d’un avantage lié aux informations de la fonction — devrait s’appliquer de la même manière à toutes les formes de transactions boursières reposant sur des informations privilégiées, en particulier aux achats et ventes de titres réalisés par les parlementaires.
Comment la performance du portefeuille de Pelosi est-elle décrite, et quelle controverse cela a-t-il soulevée ?
D’après les relevés de divulgation publique, le taux de rendement du portefeuille de Pelosi en 2024 atteint 70,9 %, bien au-delà des 24,9 % du S&P 500 sur la même période ; depuis 2014, sa performance cumulée a dépassé l’indice de référence de plusieurs milliers de points de pourcentage. La députée Anna Paulina Luna a formulé des accusations selon lesquelles Pelosi aurait utilisé des informations non publiques pour effectuer des transactions, mais Pelosi n’a fait l’objet d’aucune accusation d’acte répréhensible.
Qu’est-ce que le STOCK Act, et pourquoi est-il appelé « abrogation discrète » ?
Le STOCK Act a été adopté en avril 2012 : il interdit explicitement aux parlementaires d’utiliser des informations non publiques pour effectuer des transactions boursières et exige la création d’une base de données en ligne consultable des transactions des employés ; mais un an plus tard, le Congrès a adopté un amendement « à l’unanimité » qui annule l’exigence relative à la base de données, et l’ensemble du processus s’est déroulé sans vote enregistré. Ce précédent a été cité par Scaramucci comme un exemple historique du refus du Congrès de faire l’objet de contrôles externes.