Polymarket vs Kalshi, qui est le roi du marché des prédictions ?

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Auteur : Changan, équipe de contenu Biteye

Il y a quelques jours, de nombreux influenceurs sur X ont soudainement constaté la disparition du badge symbolisant leur partenariat avec Kalshi.

Prediction News a rapporté cet incident, suivi d’une capture d’écran amusante : le compte officiel de Polymarket a discrètement aimé cette publication.

La guerre commerciale entre Polymarket et Kalshi dure depuis longtemps, et le marché des prédictions entre dans une véritable ère de duopole.

D’un côté, Polymarket, natif de la cryptomonnaie ; de l’autre, Kalshi, intégrée dans un système financier réglementé.

L’essence de cette compétition n’est pas simplement de savoir qui est le plus fort, mais de savoir : à qui reviendra le pouvoir de fixer le prix de l’information à l’avenir, à la crypto ou à Wall Street.

C’est donc une analyse qui vaut la peine d’être menée. 👇

1. Chronique de la guerre commerciale : de la lutte réglementaire aux confrontations hors ligne

L’année dernière, la compétition entre les deux s’est intensifiée, passant du produit à une bataille en trois dimensions : canaux, régulation et opinion publique.

1.1 Course à la valorisation : la contre-attaque financière en 41 jours

Le 7 octobre 2025, Polymarket annonce avoir reçu un investissement stratégique de 2 milliards de dollars de ICE, valorisant la société à 9 milliards de dollars.

Trois jours plus tard, Kalshi annonce avoir bouclé un financement de 300 millions de dollars en série D, portant sa valorisation à 5 milliards de dollars. La synchronisation est si précise qu’on peine à croire à une coïncidence.

Mais Polymarket ne semble pas vouloir s’arrêter là. Le 23 octobre, Bloomberg rapporte que Polymarket est en contact avec des investisseurs pour une nouvelle levée de fonds, visant une valorisation de 15 milliards de dollars.

Le 20 novembre, Kalshi répond en annonçant une levée de 1 milliard de dollars, avec une valorisation atteignant directement 11 milliards de dollars, menée par Paradigm. Non seulement cela dépasse le précédent pic de 9 milliards de Polymarket, mais cela approche rapidement des 15 milliards visés. Et cela seulement 41 jours après la dernière série D.

1.2 Fracture culturelle : la bataille pour le trafic

Le 24 septembre 2025, l’épisode 5 de la saison 27 de South Park, intitulé « Conflict of Interest », a diffusé une bande-annonce annonçant l’apparition de contenus liés aux marchés de prédiction.

Dès l’annonce, les deux plateformes ont rapidement compris l’opportunité : c’était la première fois que le marché de prédiction entrait dans la culture mainstream. Celui qui parviendrait à transformer cette attention en volume de transactions pourrait profiter du phénomène de rupture de cercle pour en tirer un avantage.

Kalshi et Polymarket ont rapidement lancé une série de marchés liés à l’intrigue, permettant aux utilisateurs de parier sur l’évolution de la série en temps réel.

Le jour de la diffusion, l’équipe de Kalshi a changé ses avatars en style South Park sur X, inondant la plateforme de publications, intégrant leur marque dans les discussions populaires du jour. Les deux plateformes ne laissent passer aucune opportunité de transformer l’actualité en transaction.

1.3 Comptes affiliés et bataille pour les badges

Avec l’expansion rapide de leur base d’utilisateurs, Polymarket et Kalshi ont presque simultanément lancé des programmes de comptes affiliés à la fin de l’année dernière, attribuant badges à des KOL, traders et projets écosystémiques sur X.

Polymarket a été plus rapide : le badge Trader certifie les traders actifs, encourageant le partage de stratégies et de positions pour attirer du trafic. Le badge Builder vise les projets, attirant les développeurs à construire des applications sur la plateforme, bénéficiant d’un soutien officiel pour plus de visibilité.

Par ailleurs, Polymarket a lancé un programme d’incitation de 1 million de dollars pour les développeurs, afin de les attirer dans l’écosystème.

Kalshi a rapidement suivi, en déployant un système de badges plus étendu, couvrant le sport, la culture, la certification des traders, etc., en le transférant dans ses marchés plus matures, notamment dans le sport et le grand public.

Aujourd’hui, sur Twitter, les traders de marché de prédiction arborent soit le badge Polymarket, soit celui Kalshi.

1.4 Confrontation marketing physique : la guerre des produits gratuits à Manhattan

Le 2 février 2026, Kalshi annonce sur X qu’il offrira gratuitement de la nourriture dans le supermarché Westside Market le lendemain, de 12h à 15h, avec un plafond de 50 dollars par personne. L’annonce provoque rapidement une file d’attente, attirant étudiants et personnes à faibles revenus, scène très animée.

Le lendemain, le 3 février, Polymarket réagit rapidement, annonçant l’ouverture d’un stand de nourriture gratuite à New York, ouvert pendant 5 jours. La règle est simple : les clients peuvent remplir un sac à main et repartir avec, sans conditions. Par ailleurs, Polymarket annonce faire un don de 1 million de dollars à Food Bank for New York City pour lutter contre l’insécurité alimentaire dans la ville.

Les deux événements se succèdent, avec une tension palpable.

1.5 Course à l’armement réglementaire et politique

Les deux parties mènent une intense activité de lobbying à Washington, faisant notamment appel à Donald Trump Jr. pour mobiliser des ressources réglementaires républicaines et jouer des cartes politiques dans l’opinion.

En réalité, le vrai champ de bataille se situe sur deux fronts : les lacunes réglementaires de la CFTC et les interdictions au niveau des États.

Polymarket, via sa structure offshore, évite la régulation directe en achetant QCEX pour s’implanter discrètement sur le marché américain ; Kalshi, elle, choisit de faire face frontalement, détenant la première licence de marché de prédiction délivrée par la CFTC, mais devenant la cible de poursuites dans plusieurs États, avec au moins 4 États intentant des actions pour violation des règles locales.

Ce combat, simple en apparence, n’est plus seulement une compétition de produits, mais une guerre totale pour le capital politique et la domination du flux.

2. Comparaison approfondie : cinq dimensions pour analyser les deux géants

2.1 Comparaison des données de trading : croissance décalée selon le cycle politique et sportif

Au 26 février 2026, le volume notionnel total du secteur des marchés de prédiction s’élève à 127,5 milliards de dollars, avec un volume réel de 69,9 milliards, 2,49 millions d’utilisateurs et plus d’un milliard de contrats ouverts.

Polymarket et Kalshi détiennent environ 79 % de part de marché. Polymarket, avec 56,07 milliards de volume notionnel, est en tête, suivi de Kalshi avec 44,71 milliards. En open interest, Kalshi (474,01 millions) dépasse légèrement Polymarket (409,67 millions), ces deux plateformes représentant plus de 85 % de l’ensemble du marché.

Les tendances montrent que leur croissance dépend fortement des événements : Polymarket a connu un pic d’open interest autour de l’élection présidentielle de 2024, puis une baisse ; Kalshi, quant à elle, a vu son open interest augmenter rapidement à partir de la saison NFL 2025, culminant fin 2025.

Les deux plateformes croissent, mais leurs moteurs sont différents : l’un dépend du cycle politique, l’autre du calendrier sportif.

(Source : Dune, jusqu’au 26/02/2026 11h00)

2.2 Revenus : modèle de frais dynamique validé vs frais Taker naissant

Leurs modèles de tarification diffèrent fondamentalement.

Kalshi

Utilise un modèle de frais dynamique pondéré par la probabilité : les frais sont calculés en fonction du prix du contrat, atteignant un maximum d’environ 1,74 dollar pour une transaction de 100 dollars, avec un taux effectif d’environ 1,2 %. Le taux varie selon la probabilité : il atteint son pic à 50 % (50/50) et diminue vers 0 ou 99 %.

En 2024, le chiffre d’affaires est de 24 millions de dollars, en 2025, de 260 millions, soit une croissance de 994 %. La majorité des revenus provient de la saison NFL (septembre à novembre), avec un pic de 138 millions de dollars, et un mois de décembre à 63,5 millions, tandis que la saison morte voit une chute importante.

Polymarket

A contrario, Polymarket a longtemps opéré à perte, avec zéro frais jusqu’à fin 2025, en offrant une plateforme gratuite pour attirer des utilisateurs. Ce n’est qu’en février 2026 qu’ils ont introduit un modèle de frais Taker dans le marché sportif. Lors de la première semaine, leurs revenus de commissions ont dépassé 1 million de dollars. Selon DefiLlama, en 30 jours, ils ont généré 3,18 millions, la courbe de revenus ne s’étant réellement accélérée qu’en janvier 2026.

Il est à noter que le marché à court terme pourrait devenir une source de revenus future, car ces marchés à haute fréquence et à cycle court génèrent plus de transactions, et les utilisateurs sont moins sensibles aux frais, à l’image des memes.

Comparaison : le modèle de Kalshi est éprouvé mais dépend de la saison sportive ; celui de Polymarket, encore en phase de lancement, ne génère pas encore beaucoup de revenus, mais la phase de gratuité pour attirer la liquidité est derrière eux, ils doivent désormais se concentrer sérieusement sur la monétisation.

2.3 Profil des utilisateurs : élites réglementées vs investisseurs mondiaux

La structure des utilisateurs est fortement influencée par le cadre réglementaire.

Kalshi détient une licence CFTC, permettant de servir légalement les utilisateurs américains, concentrant ses activités principalement sur le marché intérieur.

Polymarket, après avoir racheté QCEX fin 2025, a réintégré le marché américain. Avant cela, il était principalement actif à l’étranger, ce qui lui a permis d’accumuler une base d’utilisateurs internationaux plus large.

Les différences de revenus illustrent aussi ces profils :

Kalshi tire 89 % de ses revenus du marché sportif, avec un comportement proche des paris sportifs traditionnels : fréquence élevée, montants faibles, saisonnalité marquée. La saison NFL voit une croissance rapide, puis une baisse après la fin de la saison.

Polymarket, lui, se concentre sur la politique et macroéconomie, attirant des traders institutionnels pour couvrir des risques macro. Les montants par transaction sont beaucoup plus élevés : lors de la présidentielle américaine 2024, un trader français a parié plus de 50 millions de dollars, avec un profit de 85 millions. De tels montants sont rares dans le marché sportif.

2.4 Canaux de distribution : agents de distribution vs écosystème de développeurs

Fin 2025, Robinhood et Coinbase ont lancé des marchés de prédiction intégrés à leurs plateformes, en partenariat avec Kalshi. Ce n’est pas seulement une intégration de courtiers, mais aussi une stratégie pour attirer directement les utilisateurs de plateformes sportives comme PrizePicks ou Underdog vers Kalshi. En décembre, Kalshi a créé une alliance de marchés de prédiction avec Coinbase, Robinhood et Crypto.com.

Le principe est simple : Kalshi détient une licence de marché réglementé par la CFTC. Pour une institution financière réglementée, s’intégrer à Kalshi revient à intégrer une bourse de futures traditionnelle, avec un processus clair, des coûts de conformité faibles et un risque maîtrisé.

Polymarket, lui, adopte une approche différente : il ne cherche pas à distribuer via des canaux, mais à construire une infrastructure sous-jacente, espérant que d’autres développeront des produits autour.

L’acquisition de Dome, il y a cinq jours, illustre cette stratégie : Dome, un projet de la promotion YC 2025, fournit une API pour marchés de prédiction. Les développeurs peuvent écrire une seule fois leur code pour accéder aux données et liquidités de Polymarket, Kalshi, etc.

Aujourd’hui, avec Vibe Coding en vogue, les développeurs peuvent utiliser directement l’API de Dome pour créer des bots de trading, des dashboards ou des composants intégrés. Les agents IA peuvent aussi automatiser des stratégies de prédiction via cette API.

En combinant ces deux approches, on voit clairement que Kalshi mise sur le canal et la collaboration pour attirer des utilisateurs, tandis que Polymarket construit une infrastructure pour que les développeurs créent des applications. La première stratégie favorise l’expansion commerciale, la seconde l’écosystème auto-entretenu. Si le réseau d’effets se développe réellement, il sera difficile pour les nouveaux entrants de le reproduire.

2.5 Stratégies marketing : visibilité de marque vs viralité communautaire

Leurs stratégies marketing sont en phase avec leur profil utilisateur.

Kalshi privilégie la notoriété de marque, avec une approche classique et directe. Pendant l’élection de la maire de New York, ils ont diffusé des publicités en temps réel sur Times Square, Penn Station et dans le métro, affichant les cotes en direct. Lors de la finale NBA, Kalshi a produit une publicité TV à 2000 dollars en deux jours, diffusée en prime time, avec plus de 3 millions de vues sur X.

En partenariat avec CNN et CNBC, leurs données apparaissent directement dans les flux d’informations, renforçant la crédibilité et la confiance du public.

Polymarket, lui, mise sur la viralité communautaire. Leur mécanisme de promotion est très fin : chaque utilisateur partageant un lien personnalisé gagne 0,01 dollar, et si la personne dépose plus de 20 dollars, le promoteur reçoit un bonus de 10 dollars. Après un certain volume, des récompenses supplémentaires sont distribuées, créant une boucle de croissance continue, à la manière des plateformes de memes.

Ils cultivent aussi leur écosystème de contenu, en soutenant des influenceurs comme @BrosOnPM, qui produisent quotidiennement du contenu pour les builders et traders, favorisant la circulation interne et la diffusion organique.

3. Alors, qui sera le roi ultime ?

Les données précédentes décrivent la situation actuelle, mais le paysage futur reste incertain. Le marché des prédictions est encore à ses débuts, avec de nombreux variables : régulation encore floue, nouveaux concurrents, modèles économiques non éprouvés. Plutôt que de tirer une conclusion définitive, il est plus pertinent d’identifier les enjeux clés qui détermineront la victoire ou la défaite.

Les deux s’étendent dans le territoire de l’autre

Les actions récentes montrent que chacun a conscience de ses faiblesses et tente de les combler.

Polymarket, en revenant sur le marché américain, a d’abord lancé des contrats sportifs, puis signé des partenariats avec la MLS, la NHL et les New York Rangers, utilisant ces marques pour crédibiliser son offre sportive. Une plateforme née dans la politique cherche maintenant à s’implanter dans le sport.

Deux raisons possibles :

  • Les marchés politiques sont peut-être moins favorisés par la régulation américaine à court terme, alors que le sport est plus facilement accepté.
  • Pour prendre des parts à Kalshi sur le marché américain.

De leur côté, Kalshi ne reste pas inactif : elle a signé avec CNN et CNBC pour faire apparaître ses cotes dans les flux d’informations. La plateforme sportive cherche à s’étendre dans la politique, en tentant d’établir une crédibilité médiatique.

Mais le risque n’est pas le même : Polymarket a une activité réelle dans la politique et le sport, Kalshi concentre presque tout son volume dans le sport. Cette différence structurelle posera problème lors de l’analyse des risques réglementaires.

Le plus grand partenaire de distribution, le concurrent le plus dangereux ?

Robinhood est l’un des principaux canaux de distribution pour Kalshi, représentant plus de la moitié de ses transactions en 2025. Coinbase a aussi lancé des marchés de prédiction dans tous les États américains, utilisant Kalshi pour la compensation.

Mais tous deux ont récemment pris une même initiative :

  • Robinhood et Susquehanna ont créé une coentreprise pour acquérir MIAXdx.
  • Coinbase a racheté The Clearing Company.

Les deux construisent leur propre infrastructure de trading réglementée par la CFTC, prévue pour 2026. Une fois opérationnels, ils pourront continuer à collaborer avec Kalshi ou s’en détacher pour exploiter leur propre base d’utilisateurs, habitudes de trading et liquidités.

Pour Kalshi, cela représente un double risque : la perte potentielle de ses canaux de distribution, mais aussi une menace concrète avec un calendrier précis. La barrière défensive de Kalshi repose en réalité sur un avantage de premier arrivé, limité dans le temps.

La tarification de Polymarket : étape clé pour valider son modèle économique

En 2025, Polymarket a dépassé 33,8 milliards de dollars de volume, mais ses revenus sont proches de zéro. Pourtant, une valorisation de 9 milliards de dollars nécessite des revenus, et 2026 sera la année de la concrétisation.

Leur tarification a commencé par un pilote dans la cryptomonnaie, puis s’est étendue aux événements sportifs en février 2026. La logique est claire : ces marchés à cycle court ont une fréquence élevée, des montants faibles, et une sensibilité moindre aux frais, comparés aux contrats macro-politiques à long terme. Commencer par là minimise l’impact sur la liquidité.

Mais le risque est évident : la liquidité dépend entièrement des utilisateurs, sans market makers. Si des traders professionnels jugent que les frais nuisent à l’arbitrage, ils peuvent se retirer en une seconde.

De nombreux échanges ont connu une chute rapide de liquidité suite à une mauvaise gestion des frais, entraînant une spirale négative : moins de liquidité, moins d’utilisateurs, faillite.

Polymarket utilise actuellement des rebates pour compenser ce risque, en redistribuant une partie des frais aux makers, afin de maintenir la profondeur du carnet.

La capacité à établir un revenu stable sans repousser la liquidité sera la clé de la valorisation de Polymarket. Le test des frais ne fait que commencer, la réponse sera claire fin 2026.

Conclusion : pas de roi, seulement des gagnants à leur époque

Le secteur des marchés de prédiction est encore très jeune. Il est trop tôt pour conclure qui gagnera ou perdra. La configuration actuelle des deux acteurs est en train de se dessiner, mais le futur reste incertain : régulation encore floue, nouveaux entrants, modèles économiques non éprouvés.

Plutôt que de tirer une conclusion définitive, il est plus pertinent d’identifier les enjeux cruciaux qui détermineront la victoire ou la défaite.

Les deux s’étendent dans le territoire de l’autre

Leurs actions montrent qu’ils ont conscience de leurs faiblesses et tentent de les combler.

Polymarket, en revenant sur le marché américain, a d’abord lancé des contrats sportifs, puis signé des partenariats avec la MLS, la NHL et les Rangers, pour crédibiliser son offre sportive. La plateforme, née dans la politique, cherche maintenant à s’implanter dans le sport.

Kalshi, de son côté, a signé avec CNN et CNBC pour faire apparaître ses cotes dans les flux d’informations. La plateforme sportive veut aussi s’étendre dans la politique, en tentant d’établir une crédibilité médiatique.

Mais leurs risques ne sont pas équivalents : Polymarket a une activité réelle dans la politique et le sport, Kalshi concentre presque tout son volume dans le sport. Cette différence structurelle compliquera l’analyse des risques réglementaires.

Le plus grand partenaire de distribution, le concurrent le plus dangereux ?

Robinhood est un canal clé pour Kalshi, représentant plus de la moitié de ses transactions en 2025. Coinbase a aussi lancé des marchés dans tous les États, utilisant Kalshi pour la compensation.

Mais tous deux ont récemment pris une même initiative stratégique :

  • Robinhood et Susquehanna ont créé une coentreprise pour acquérir MIAXdx.
  • Coinbase a racheté The Clearing Company.

Ils construisent leur propre infrastructure réglementée par la CFTC, prévue pour 2026. Une fois en service, ils pourront continuer à collaborer avec Kalshi ou exploiter leur propre plateforme, avec leurs propres utilisateurs, habitudes et liquidités.

Pour Kalshi, cela représente un double risque : la perte de ses canaux, mais aussi une menace concrète avec un calendrier précis. La barrière défensive de Kalshi repose sur un avantage de premier arrivé, qui a une durée limitée.

La tarification de Polymarket : étape clé pour valider son modèle

En 2025, Polymarket a dépassé 33,8 milliards de dollars de volume, mais ses revenus sont quasi nuls. La valorisation de 9 milliards de dollars nécessite des revenus, et 2026 sera l’année de la monétisation.

Leur tarification a débuté dans la cryptomonnaie, puis s’est étendue aux événements sportifs en février 2026. La logique est simple : ces marchés à cycle court ont une fréquence élevée, des montants faibles, et une faible sensibilité aux frais, contrairement aux contrats macro-politiques à long terme. Commencer par là limite l’impact sur la liquidité.

Mais le risque est là : la liquidité dépend entièrement des utilisateurs, sans market makers. Si des traders professionnels jugent que les frais nuisent à l’arbitrage, ils peuvent se retirer instantanément.

De nombreux échanges ont connu une chute rapide de liquidité suite à une mauvaise gestion des frais, entraînant une spirale négative.

Polymarket utilise actuellement des rebates pour compenser ce risque, en redistribuant une partie des frais aux makers, afin de maintenir la profondeur du carnet.

La capacité à établir un revenu stable sans faire fuir la liquidité sera la clé de leur valorisation. Le test des frais ne fait que commencer, la réponse sera claire fin 2026.

En résumé : pas de guerre de roi, mais une compétition entre gagnants de leur époque

Le secteur des marchés de prédiction est encore à ses débuts. Il est trop tôt pour dire qui sortira vainqueur ou perdant. La configuration actuelle des deux acteurs se précise, mais l’avenir reste incertain : régulation encore floue, nouveaux concurrents, modèles économiques non éprouvés.

Ce qui est certain, c’est que leur positionnement actuel ne se recoupe pas totalement. Kalshi cherche à étendre sa base de clients retail, Polymarket mise sur la densité d’information et la profondeur du marché. La confrontation majeure pourrait intervenir après la maturation du marché sportif américain pour Polymarket, et après l’amélioration des capacités de Kalshi dans le domaine politique.

D’ici là, l’espace reste suffisamment vaste pour que ces deux trajectoires coexistent.

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