La Banque d’Angleterre lance un laboratoire synchronisé, en collaboration avec 18 institutions dont Chainlink, pour tester la compensation atomique des monnaies centrales et des actifs en chaîne.
Le 10 février, la Banque d’Angleterre (BoE) a officiellement annoncé avoir sélectionné le réseau décentralisé de oracles Chainlink pour participer à son projet « Laboratoire de Synchronisation » (Synchronisation Lab). Ce projet expérimental vise à explorer comment la monnaie centrale peut interagir efficacement avec les actifs sur blockchain. Avec l’évolution de la fintech, la BoE s’efforce de moderniser son infrastructure de règlement immédiat en temps réel (RTGS), dont la nouvelle version, appelée « RT2 », deviendra le cœur du système financier britannique. Grâce à cette collaboration, Chainlink et 17 autres entreprises sélectionnées testeront comment réaliser une compensation synchronisée et atomique entre la technologie de registre distribué (DLT) et le système financier traditionnel.
Cette initiative reflète l’attitude proactive des autorités britanniques envers l’intégration des actifs numériques. Chainlink a même déclaré sur les réseaux sociaux que cela représentait une étape importante vers la numérisation (Onchain) du système financier britannique. Le laboratoire ne travaille pas seul, mais rassemble un large éventail de 18 acteurs, comprenant des fournisseurs d’infrastructures de marché, des banques traditionnelles, des fintechs et des acteurs Web3.
Les participants simuleront, dans un environnement contrôlé non en temps réel, via des API et interfaces utilisateur dédiées, la coopération entre leur plateforme, les systèmes de paiement et les organismes d’enregistrement d’actifs. Cela marque une étape concrète pour les banques centrales mondiales, qui passent de la recherche à la validation technologique dans la gestion de la vague de la finance programmable.
Dans le cadre du laboratoire synchronisé, la responsabilité principale de Chainlink consiste à développer une solution décentralisée pour relier le règlement des fonds en livres sterling détenus par la banque centrale avec la titrisation numérique. En intégrant des données du monde réel dans des contrats intelligents, Chainlink souhaite démontrer comment le réseau d’oracles peut coordonner efficacement la circulation des fonds de la banque centrale et des actifs tokenisés.
Source : X/@chainlink La responsabilité de Chainlink se concentre principalement sur la construction de solutions décentralisées pour relier le règlement des fonds en livres sterling détenus par la banque centrale avec la titrisation numérique.
Par ailleurs, une autre société Web3, UAC Labs AG, a également obtenu une autorisation similaire. Les deux parties testeront conjointement la faisabilité d’une approche décentralisée pour coordonner le règlement des monnaies centrales et des actifs sur registre distribué. Ce choix technologique montre que les régulateurs envisagent sérieusement d’utiliser la décentralisation pour renforcer la résilience et l’automatisation du système financier.
Outre les développeurs technologiques, des acteurs majeurs de l’infrastructure financière traditionnelle jouent un rôle clé. La Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication (SWIFT), le London Stock Exchange Group (LSEG) et Partior exploreront en profondeur des scénarios d’application variés tels que la tokenisation d’obligations, la gestion des garanties et le trading de devises étrangères. De plus, des entreprises comme Ctrl Alt et Monee se concentreront sur la compensation livraison contre paiement (DvP) des obligations d’État tokenisées (Gilts) ; Tokenovate et Atumly testeront des processus de paiement de marges conditionnelles et d’émission/rachat de monnaies numériques.
Ce mode de collaboration intersectorielle ne vise pas seulement à tester la performance technologique, mais aussi à rechercher les points d’intersection entre l’économie tokenisée et la finance traditionnelle. La portée de Chainlink continue de s’étendre dans le secteur commercial, avec l’annonce par Asseto Finance, plateforme de tokenisation, de l’intégration du protocole d’interopérabilité cross-chain (CCIP) et des flux de prix (Price Feeds), confirmant la polyvalence de sa technologie pour relier finance traditionnelle et écosystèmes blockchain.
Le projet du laboratoire synchronisé devrait débuter au printemps 2026, avec une durée d’environ six mois.
La BoE insiste sur le fait qu’il s’agit d’un environnement expérimental contrôlé, sans gestion de fonds réels, et la participation ne constitue pas une approbation réglementaire.
Les données et découvertes issues de l’expérimentation influenceront directement la conception de la version « live » des fonctionnalités de règlement synchronisé. Après la fin du projet, les participants devront soumettre leurs analyses et résultats de recherche pour aider la BoE à optimiser les spécifications techniques du système RT2, afin que l’infrastructure future puisse supporter des activités financières numériques plus complexes.
Ce projet arrive à un moment où la régulation britannique sur les stablecoins systémiques est en cours d’élaboration. La BoE étudie actuellement la réglementation des tokens numériques soutenus par des dépôts bancaires ou des obligations publiques, ce qui montre qu’elle avance simultanément sur la voie réglementaire et technologique pour préparer un avenir où actifs numériques et monnaies traditionnelles coexisteront.
En simulant l’émission et le rachat d’actifs dans le laboratoire, la BoE pourra mieux évaluer les risques et l’efficacité des stablecoins dans le système de paiement central, ainsi que la flexibilité du système RTGS pour accueillir ces nouveaux instruments financiers. Cette attitude prudente mais proactive témoigne de la volonté de la Grande-Bretagne de maintenir la stabilité financière tout en restant à la pointe de la compétition dans la finance numérique.
L’initiative de la BoE n’est pas isolée. De nombreux autres banques centrales mondiales mènent également des projets de transformation de leurs infrastructures pour la tokenisation et le règlement programmable. Par exemple, la Réserve fédérale de New York et la Banque des règlements internationaux (BIS) ont lancé le « Project Pine », une étude approfondie sur l’utilisation des contrats intelligents pour soutenir la politique monétaire dans un système tokenisé, avec des prototypes pour une gestion plus flexible des opérations de la banque centrale.
En Asie, l’Autorité monétaire de Singapour (MAS) a lancé l’initiative « BLOOM », visant à étendre les capacités de ses infrastructures de règlement pour supporter la tokenisation des dettes bancaires et des stablecoins réglementés. Ces exemples internationaux illustrent que la compétition future dans la finance portera principalement sur l’automatisation et l’interopérabilité des couches de règlement.
En plus des tests de règlement pour le marché wholesale, plusieurs banques centrales progressent également dans leurs expérimentations de monnaies numériques de détail (CBDC) pour les paiements transfrontaliers et retail. La Reserve australienne a lancé en juillet 2024 un test de monnaie numérique de gros, combinant stablecoins et dépôts tokenisés.
Les Émirats arabes unis ont réalisé en novembre 2025 leur premier paiement gouvernemental utilisant le dirham numérique (Digital Dirham). Le projet mBridge, dirigé par la Chine, a traité en janvier 2026 pour plus de 55 milliards de dollars de transactions CBDC transfrontalières. Face à cette accélération mondiale dans la mise en œuvre des monnaies numériques, la sélection de Chainlink par la BoE pour cette expérimentation synchronisée vise sans doute à affirmer la position de la livre sterling dans le marché financier numérique en pleine expansion.
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