Depuis la tourmente au Venezuela et en Iran, comment la stablecoin est-elle devenue la « deuxième système monétaire »

PANews
USDC-0,03%
DEFI2,99%
RWA0,58%

Auteur : CoinW Research Institute

Résumé

Cet article aborde l’incident au Venezuela en soulignant que la raison pour laquelle les stablecoins sont fréquemment évoqués n’est pas une narration spéculative, mais parce qu’en environnement où la crédibilité de la monnaie locale est affaiblie, le système bancaire défaillant et les restrictions sur les fonds transfrontaliers, ils deviennent un outil financier encore « utilisable » par le grand public. Les stablecoins n’offrent pas un rendement supérieur, mais une voie alternative indépendante du système financier national, utilisée pour le paiement, la compensation et la conservation de la valeur.

De plus, bien que les stablecoins présentent des risques de centralisation et de conformité, dans un contexte de défaillance systémique, les « stablecoins gérables » restent souvent préférables aux « monnaies légales en dévaluation inévitable ». Leur diffusion étend objectivement l’influence du dollar et, en cas de défaillance du système monétaire souverain, ils commencent à assumer progressivement une partie des fonctions de règlement informel mondial. Avec l’accumulation d’une utilisation réelle, l’attitude réglementaire évolue d’une simple prévention vers une gestion réglementée, et l’infrastructure de paiement et de règlement autour des stablecoins passe de la narration à la mise en œuvre concrète.

Les stablecoins évoluent d’une simple forme d’actif vers une infrastructure financière. Leur croissance ne dépend pas de l’humeur du marché, mais est pilotée par des problèmes réels, étant constamment validée par leur utilisation répétée. La véritable valeur des stablecoins ne réside pas dans le livre blanc ou la narration, mais est prouvée à chaque crise de défaillance du système financier dans le monde réel.

1. Lorsque la crédibilité nationale échoue, ce dont les gens ont vraiment besoin, ce ne sont pas des « hausses »

​​Le Venezuela revient sans cesse sur le devant de la scène, non seulement à cause de cette crise politique soudaine, mais aussi parce qu’il est depuis longtemps dans un état de « crédibilité nationale en déclin répétée ». Ce déclin ne se limite pas aux données d’inflation ou aux fluctuations du taux de change, mais se manifeste aussi dans la capacité du système monétaire, bancaire et de paiement à fonctionner normalement.

Lorsque le cadre institutionnel lui-même manque de prévisibilité stable, les problèmes financiers se déplacent du « niveau investissement » vers le « niveau survie ». Pour le citoyen ordinaire, le souci concret n’est pas de savoir s’il doit ou non allouer certains actifs, mais une série de questions plus fondamentales : mon salaire peut-il encore être conservé en toute sécurité ? L’argent envoyé par des proches à l’étranger peut-il arriver sans problème ? Les transferts bancaires seront-ils soudainement gelés ? Les actifs seront-ils rapidement invalidés par le contrôle des capitaux, les changements de politique ou la dévaluation rapide de la monnaie ? Ces questions affectent directement la vie économique quotidienne des individus et des familles.

C’est dans ce contexte que la notion de « gestion du risque » change de sens. Le risque n’est plus simplement de rechercher un rendement plus élevé ou de battre l’inflation, mais de trouver une monnaie encore utilisable : peut-elle conserver sa valeur, permettre le paiement, le transfert, la circulation transfrontalière, souvent plus important que la simple fluctuation des prix.

2. La logique d’utilisation des stablecoins en cas de rupture de crédibilité nationale

Pourquoi les stablecoins sont-ils toujours évoqués en cas de rupture de crédibilité ?

Lorsque la crédibilité de la monnaie nationale continue de s’affaiblir, que l’efficacité du système bancaire diminue, voire qu’il présente des défaillances fonctionnelles à certains moments, les stablecoins entrent naturellement dans le choix pratique. Ce n’est pas parce qu’ils sont avant-gardistes ou radicaux, mais parce qu’ils se situent précisément à l’intersection du système financier traditionnel et des besoins de survie. À ce moment-là, les stablecoins ne sont pas un meilleur investissement, mais une voie alternative indépendante du système de règlement bancaire national. Ils permettent aux fonds de continuer à remplir leurs fonctions fondamentales : conservation de la valeur, paiement, règlement et circulation transfrontalière, sans dépendre entièrement du système monétaire local et de l’infrastructure financière nationale. Dans des cas comme le Venezuela, leur apparition fréquente s’explique par leur utilisation réelle dans la vie quotidienne, jouant en partie le rôle qui devrait normalement être celui de la monnaie locale et du système bancaire.

« États défaillants » n’est pas un cas isolé, mais un exemple hautement représentatif

Au niveau mondial, le Venezuela n’est pas le seul exemple d’adoption massive de stablecoins, l’Iran constitue également un cas typique. Depuis longtemps, l’Iran fait face à une dépréciation continue du rial, une inflation élevée et un blocus financier dû aux sanctions internationales, limitant l’accès aux devises étrangères et les canaux de règlement transfrontaliers, le système bancaire peinant à assurer la conservation de la valeur et la circulation des fonds. Récemment, avec la pression économique croissante et l’aggravation des troubles sociaux, le contrôle financier et des capitaux en Iran s’est renforcé, les canaux d’accès aux devises étrangères se sont restreints, la liberté de mouvement des fonds a diminué, et la stabilité ainsi que la prévisibilité du système financier national se sont encore affaiblies.

Par ailleurs, dans plusieurs régions, des interruptions temporaires des services de communication et d’Internet ont été observées, ce qui, sans cibler directement le système financier, a objectivement amplifié la vulnérabilité de ce dernier. Dans un environnement où la dépendance aux systèmes en ligne est forte, les transferts bancaires, paiements électroniques, règlements de comptes et gestion des flux transfrontaliers dépendent fortement d’une connexion stable. En cas de coupure, ces fonctions deviennent difficiles, et la disponibilité de la monnaie locale dans les transactions quotidiennes, la gestion des fonds et le transfert de valeur sont fortement compromis. L’incertitude quant à la possibilité d’utiliser la monnaie locale dans ces moments critiques réduit encore la confiance du public dans le système financier traditionnel.

Dans ce contexte, les stablecoins adossés au dollar comme USDT, USDC sont de plus en plus utilisés pour la tarification des biens et services, la conservation des revenus et le transfert transfrontalier, et dans certains cas, ils remplacent directement la monnaie locale, devenant une unité de référence pour les transactions quotidiennes. Leur logique d’utilisation n’est pas complexe, elle n’est presque pas spéculative, mais constitue une réponse répétée à une réalité : dans un contexte de crédibilité locale défaillante, de système bancaire défaillant et de restrictions sur la circulation des capitaux, ils sont une option « encore utilisable » validée par la pratique. Les cas du Venezuela et de l’Iran montrent que « États défaillants » ne sont pas un cas isolé, mais un exemple de forte concentration de besoins réels en stablecoins, leur diffusion étant davantage due aux lacunes du système financier réel qu’à la narration interne du marché des cryptomonnaies.

Ce n’est pas la régulation qu’ils évitent, mais le système financier défaillant

Du point de vue Web3, la raison pour laquelle les stablecoins réapparaissent sans cesse n’est pas qu’ils contournent la régulation, mais qu’ils évitent un système monétaire et un système de règlement bancaire qui ne fonctionnent plus. Lorsqu’une monnaie nationale perd continuellement de la valeur, que les transferts bancaires sont inefficaces ou susceptibles d’être gelés à tout moment, les stablecoins offrent une voie concrète indépendante de l’infrastructure financière locale.

3. Les stablecoins sont-ils vraiment sûrs ?

Avant de discuter de leur valeur réelle dans le monde, une question incontournable : les stablecoins sont-ils vraiment sûrs ? Dans le contexte Web3, ils sont souvent critiqués pour leur manque de décentralisation, voire considérés comme déplaçant le risque de centralisation du finance traditionnel sur la blockchain. Cette critique n’est pas infondée. Il faut reconnaître que la majorité des stablecoins existants présentent des caractéristiques de centralisation évidentes, gérés par des émetteurs spécifiques, capables de geler des adresses ou de coopérer avec les contrôles réglementaires, et en cas extrême, pas totalement inatteignables.

Mais dans un environnement comme le Venezuela, la question n’est pas de savoir si la centralisation est « idéale » ou non, mais de faire face à un risque plus immédiat : la dévaluation rapide de la monnaie locale, le gel des comptes bancaires par des politiques, des contrôles de change ou des défaillances systémiques, et l’impossibilité de transférer librement des fonds. Dans ce contexte, la sécurité doit être redéfinie.

C’est précisément dans ce contexte qu’une option apparemment contradictoire mais extrêmement concrète apparaît : un stablecoin « susceptible d’être gelé » reste souvent préférable à une monnaie légale « presque inévitablement dévaluée ». La première peut encore être utilisée la plupart du temps, permettant paiement, transfert, circulation transfrontalière ; la seconde voit son risque non seulement de fluctuer, mais d’éroder systématiquement le pouvoir d’achat, voire de perdre totalement sa fonction lors d’un moment critique.

C’est là la « paradoxe de la décentralisation » des stablecoins. Ils ne sont pas parfaits, ils n’offrent pas une sécurité absolue, mais face à des fissures dans le système et la finance, les gens choisissent souvent l’outil dont le risque est plus contrôlable et dont le résultat est plus prévisible. Ce n’est pas une sous-estimation du risque de centralisation, mais une décision lucide et équilibrée.

4. Du Venezuela à la fonction géopolitique des stablecoins

L’exemple du Venezuela montre clairement : lorsqu’un système monétaire national connaît une défaillance structurelle, les stablecoins ne se contentent pas d’exister passivement, ils prennent progressivement en charge certaines fonctions qui appartenaient auparavant à la monnaie souveraine.

En essence, la diffusion des stablecoins constitue une extension non officielle de l’influence du dollar. Elle ne se fait pas par l’intermédiaire de banques centrales, d’organisations internationales ou d’accords monétaires officiels, mais via la blockchain et les réseaux cryptographiques, en pénétrant à moindre coût et à une vitesse plus grande dans les régions où la crédibilité locale est fragile. Les stablecoins ne créent pas une nouvelle ancre de valeur, mais transfèrent la crédibilité existante du dollar sous forme d’actifs sur la blockchain vers des zones où le système financier traditionnel est insuffisant.

Pour certains pays, ce processus n’est pas neutre. Lorsque les citoyens commencent spontanément à utiliser des stablecoins pour la tarification, la conservation et le règlement, l’usage de la monnaie locale se réduit peu à peu, même sans politique officielle de dollarisation, la souveraineté monétaire étant affaiblie dans la pratique. Ce n’est pas une question politique, mais une conséquence concrète.

Mais pour le citoyen ordinaire, la signification des stablecoins est tout autre. Ce n’est pas un outil politique, mais une « voie d’évasion monétaire ». Dans un environnement où le système bancaire est limité et la circulation des capitaux strictement contrôlée, les stablecoins offrent la possibilité de préserver ses gains, d’effectuer des transferts transfrontaliers.

C’est dans cette tension que les stablecoins révèlent un nouveau rôle : une couche de règlement informel mondiale. Lorsqu’un système monétaire souverain fonctionne bien, ils sont marginaux ; mais lorsque le système financier se fissure ou échoue, ils prennent passivement en charge une partie du règlement, de la conservation de valeur et de la circulation transfrontalière.

5. Comment les stablecoins s’intègrent-ils dans le système financier réel ?

Du « usage forcé » au « usage répété »

Dans des cas comme le Venezuela, l’entrée des stablecoins dans le monde réel n’est pas volontaire, mais forcée. Lorsqu’une situation extrême survient, les gens ont besoin d’un outil « encore utilisable » pour effectuer les paiements fondamentaux et conserver la valeur. Mais lorsque ces scénarios se répètent dans différentes régions et à différents moments, les stablecoins ne sont plus seulement une solution temporaire en environnement extrême, mais deviennent un outil de confiance. Ce changement influence discrètement la manière dont les régulateurs, les institutions financières et tout le système de paiement transfrontalier le perçoivent.

L’évolution de l’attitude réglementaire : du « faut-il » au « comment »

Ce changement est particulièrement visible au niveau réglementaire. Au début, on discutait surtout de « si les stablecoins devraient exister », mais à mesure que leur usage dans le paiement transfrontalier et la compensation quotidienne devient évident, la question évolue : étant donné qu’ils sont déjà utilisés et difficiles à remplacer dans certains cas, comment les intégrer dans un cadre gérable et surveillable ? Ce n’est pas une approbation idéologique, mais une reconnaissance de la réalité. Les stablecoins ne résolvent pas un problème d’efficacité abstrait, mais un problème structurel : la lenteur, le coût élevé et le manque de transparence des transferts transfrontaliers, amplifiés dans les zones financières fragiles.

Une sous-estimation de leur propriété de survie et de leur dimension transfrontalière

C’est précisément pour cette raison que leur « propriété de survie » et leur « dimension transfrontalière » ont été longtemps sous-estimées. Ils ne dépendent pas de l’humeur du marché, mais sont souvent adoptés en premier lorsque l’accès aux devises est limité ou que les canaux bancaires sont instables ou interrompus. Leur utilisation n’est pas évidente, mais très adhésive, et une fois qu’un chemin est formé, il est difficile à remplacer. Par ailleurs, l’infrastructure de paiement et de règlement autour des stablecoins se construit peu à peu, passant de la théorie à la pratique : portefeuilles, transferts on-chain, gestion conforme, interfaces transfrontalières, qui, sous la pression des besoins réels, commencent à remplir des fonctions traditionnellement assurées par les réseaux de règlement classiques.

L’infrastructure de paiement stablecoin : une ligne directrice négligée

De ce point de vue, « l’infrastructure de paiement stablecoin » pourrait bien être l’une des lignes directrices cachées et sous-estimées cette année. Elle ne se trouve pas en avant de toutes les narrations populaires, mais constitue la base sous-jacente à toutes. Que ce soit dans la DeFi, les actifs réels tokenisés, la finance on-chain ou les transferts transfrontaliers et règlements commerciaux, dès qu’il s’agit de flux financiers réels, la majorité dépend de l’action des stablecoins dans la compensation, le règlement, l’échange et la conformité. Le cas du Venezuela l’a déjà montré de façon claire. Pour l’utilisateur réel, la seule chose qui compte est : cet argent peut-il arriver à moi de manière fluide, sûre et rapide ? Et dès que l’argent commence à circuler, cela implique une infrastructure invisible mais essentielle : émission, gestion, transfert cross-chain, échange, conformité et gestion des flux financiers.

De l’actif à l’infrastructure : une transformation de rôle

Cela détermine que le paiement par stablecoin n’est pas une voie motivée par l’émotion, mais une voie orientée problème. La demande émerge dans un contexte de monnaie locale hors de contrôle, de défaillance du système bancaire et de restrictions transfrontalières. Par conséquent, la croissance de l’infrastructure liée aux stablecoins est souvent lente, discrète, mais stable. Lorsqu’un chemin de paiement est prouvé « vraiment utilisable », il sera utilisé de façon répétée, puis intégré dans les habitudes locales de flux financiers.

À plus long terme, une tendance devient claire : les stablecoins évoluent d’une simple « forme d’actif » vers une « infrastructure financière ». Ils ne sont plus seulement échangés ou détenus, mais apparaissent de plus en plus dans les domaines fondamentaux et essentiels : paiement, règlement, circulation transfrontalière et stockage de valeur. Lorsqu’on réalisera pleinement cette évolution, il ne s’agira plus d’une nouvelle voie, mais d’un système d’infrastructure financière largement adopté, difficile à remplacer.

Voir l'original
Avertissement : Les informations contenues dans cette page peuvent provenir de tiers et ne représentent pas les points de vue ou les opinions de Gate. Le contenu de cette page est fourni à titre de référence uniquement et ne constitue pas un conseil financier, d'investissement ou juridique. Gate ne garantit pas l'exactitude ou l'exhaustivité des informations et n'est pas responsable des pertes résultant de l'utilisation de ces informations. Les investissements en actifs virtuels comportent des risques élevés et sont soumis à une forte volatilité des prix. Vous pouvez perdre la totalité du capital investi. Veuillez comprendre pleinement les risques pertinents et prendre des décisions prudentes en fonction de votre propre situation financière et de votre tolérance au risque. Pour plus de détails, veuillez consulter l'avertissement.
Commentaire
0/400
Aucun commentaire