𝐓𝐇𝐄 𝐂𝐄𝐀𝐒𝐄𝐅𝐈𝐑𝐄 𝐉𝐔𝐒𝐓 𝐁𝐑𝐎𝐊𝐄 ?
Le 7 mai, les forces américaines et iraniennes ont échangé des tirs dans le détroit d'Hormuz, brisant la trêve qui tenait depuis le 8 avril. Les deux parties s’accusent mutuellement d’avoir tiré en premier. Les États-Unis affirment que leurs destroyers ont été ciblés, l’Iran dit que ses navires ont été attaqués. Le résultat est le même : le cessez-le-feu est complètement brisé.
🔹 Trois destroyers américains ont été pris pour cible par des missiles et des drones, a confirmé CENTCOM
🔹Les États-Unis ont frappé des installations militaires iraniennes en réponse
🔹L’Iran a riposté en ciblant des navires militaires américains, selon le commandement militaire de Téhéran
🔹 Trump a déclaré que les États-Unis avaient infligé un « grand dommage » et a menacé d’autres frappes si l’Iran ne signe pas rapidement un accord
🔹Le brut Brent reste élevé alors que le marché physique du pétrole fait face à un déficit d’approvisionnement de 920 millions de barils sur mars et avril
▫️ Une proposition américaine en 14 points a été remise à Téhéran par l’intermédiaire de médiateurs pakistanais il y a seulement quelques jours
▫️ L’Iran devait répondre jeudi, jour où les frappes ont eu lieu
▫️ Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif avait adopté un ton optimiste quelques heures avant les échanges
▫️ Les civils iraniens expriment du cynisme, l’un d’eux déclarant à l’AFP qu’aucune des deux parties ne peut vraiment parvenir à un accord
▫️ Le brut physique pour livraison immédiate se négocie à +100 $
Le timing raconte la vraie histoire. Un mémorandum d’une page avait été remis via le Pakistan, et les deux côtés avaient laissé entendre qu’un progrès était en vue. Trump a loué « de très bonnes discussions ». Le leader pakistanais parlait d’un cessez-le-feu à long terme. Puis, les tirs ont commencé. Voilà à quoi ressemblent les négociations lorsque les deux parties croient encore qu’une escalade peut leur permettre d’obtenir de meilleures conditions. Le marché à terme avait intégré un accord, le brut physique intégrant la réalité, et la réalité a gagné.
Ce qui va suivre dépend entièrement du détroit d'Hormuz. Plus de 1 500 navires et 20 000 équipages restent piégés dans le Golfe. Les marchés mondiaux ont perdu environ 15 millions de barils par jour en mars et avril. Les stocks s’épuisent rapidement. Le rapport d’Energy Intelligence est clair : si le détroit reste fermé jusqu’au pic de la consommation estivale, le monde risque deux mois consécutifs de déstockages de 160 à 200 millions de barils. Cela pousse les prix à des sommets historiques et déclenche une spirale économique descendante. Le marché physique se négocie déjà au-dessus de 150 $ pour certains grades. Les contrats à terme ont encore 30 $ de retard.
Un accord plus large reste sur le papier. La note en 14 points déclencherait une fenêtre de négociation de 30 jours couvrant le détroit, la levée des sanctions, et une interdiction de dix ans de l’enrichissement d’uranium. Mais les médias iraniens démentent qu’un accord soit proche, qualifiant les rapports d’un accord imminent de fabriqués. Un porte-parole parlementaire iranien a décrit ces propositions comme une liste de souhaits des États-Unis. Pendant ce temps, les Émirats arabes unis subissent encore des frappes de missiles, le cessez-le-feu au Liban est tendu après une frappe aérienne israélienne ayant tué un commandant du Hezbollah, et Washington a prévu de nouvelles négociations entre Israël et le Liban pour le 14 mai.
Le document sur le cessez-le-feu était mince. Il s’est déchiré sous la première pression réelle. Maintenant, les deux côtés reprennent leurs habitudes : frapper et menacer plus durement. Le marché physique du pétrole a averti de ce moment depuis des semaines. Le marché papier est sur le point de rattraper son retard.
#IranUSConflictEscalates