Le géant de la conception d’architectures de semi-conducteurs Arm a publié ses derniers résultats financiers, révélant qu’il est à un moment clé de sa transition, passant des appareils mobiles vers des centres de données liés à l’intelligence artificielle (IA). Bien que les revenus et les bénéfices du quatrième trimestre aient dépassé les attentes du marché, la faiblesse du marché des smartphones a entraîné un manque à gagner sur les revenus de redevances, provoquant une baisse temporaire d’environ 6% du cours de l’action après la clôture. Le PDG Rene Haas a indiqué que, malgré la croissance en ralentissement, voire négative, sur les téléphones d’entrée de gamme, une forte demande en infrastructures d’IA suffira à compenser ce manque. Arm prévoit qu’au cours des prochaines années, le cloud computing et les nouveaux CPU AGI deviendront les moteurs centraux de la croissance de ses revenus. La société cherche aussi à accroître sa part de marché dans un secteur de l’IA très concurrentiel en proposant des solutions de puces conçues en interne.
Analyse des prévisions financières d’Arm et décalage avec les attentes du marché
Les résultats d’Arm sur ce trimestre suivent un schéma « revenus au-dessus des attentes, redevances faibles ». Le trimestre a affiché un chiffre d’affaires de 1,49 milliard de dollars, en hausse de 20% sur un an, avec un bénéfice par action (EPS) de 0,60 dollar, tous deux supérieurs aux estimations des analystes. Toutefois, les redevances (Royalties) — très scrutées par le marché — se sont élevées à 671 millions de dollars, en dessous des 693 millions de dollars attendus. Cela reflète le fait que, même si la demande pour de nouvelles licences de conception (Licensing) reste solide, la dynamique d’expédition des produits finaux existants ne suffit pas tout à fait. La société a prévu pour le trimestre suivant un chiffre d’affaires de 1,26 milliard de dollars, et un EPS d’environ 0,40 dollar, ce qui montre une attitude encore prudemment optimiste envers la croissance future. Mais la réaction des investisseurs au fait que les redevances n’atteignent pas l’objectif a été plus sensible, entraînant une forte volatilité du cours après la clôture : il a d’abord monté puis a reculé d’environ 6%.
Avertissement du PDG : ralentissement de la croissance du marché des smartphones
Le PDG Rene Haas a souligné que l’industrie des smartphones connaît un ralentissement de croissance marqué, en particulier sur le marché des modèles d’entrée de gamme, où l’on observe même une croissance négative. Arm dépend traditionnellement de manière très forte du marché des appareils mobiles pour ses revenus de licences ; la volatilité du marché des téléphones a donc un impact direct sur son modèle de profit. À l’heure actuelle, les fabricants de téléphones sont confrontés à des problèmes de chaîne d’approvisionnement, tels qu’une pénurie de puces mémoire, ce qui limite encore la capacité globale. Afin de réduire sa dépendance à un secteur de l’électronique grand public plus volatile, Arm accélère l’expansion de son champ technologique vers les véhicules, l’Internet des objets et les centres de données, dans le but de rechercher une structure de revenus plus stable et de couvrir le risque de recul d’un marché unique.
Stratégie de transition : centres de données IA et CPU AGI
Face au ralentissement du marché des téléphones, les centres de données IA (Data Center) sont considérés comme le moteur de croissance le plus important pour Arm. Les fournisseurs de services de cloud computing augmentent fortement leurs investissements d’infrastructure pour répondre aux besoins de calcul liés à l’IA générative, ce qui accroît la demande pour des puces basées sur l’architecture d’Arm. La société prévoit de lancer un nouveau produit appelé « AGI CPU » et estime qu’entre 2027 et 2028, ce produit contribuera à plus de 2 milliards de dollars de revenus, selon Bloomberg. Arm avait indiqué en mars avoir déjà obtenu des commandes d’une valeur de 1 milliard de dollars. Cette évolution marque le passage d’Arm, d’un simple modèle de fournisseur de propriété intellectuelle technologique (Neutral IP provider), à un modèle plus direct impliquant le développement commercial de produits de puces, afin de capter plus efficacement les profits excédentaires générés par la vague IA.
Stratégie IA du groupe SoftBank et synergies
Arm reste aujourd’hui détenu par le groupe japonais SoftBank, qui possède environ 90% des parts. L’inventeur de SoftBank, Masayoshi Son, pousse le groupe à s’orienter vers la fabrication de puces IA, et a nommé Rene Haas en parallèle responsable des activités internationales chez SoftBank afin de renforcer les synergies internes. Ces dernières années, SoftBank a successivement acquis des sociétés de puces comme Ampere Computing et Graphcore, illustrant son ambition de construire un écosystème IA. Le double rôle de Haas vise à intégrer les ressources IA du groupe, de sorte que, tout en fournissant une architecture de base, Arm puisse mieux se connecter aux activités de R&D sur les puces et aux segments applicatifs du groupe, consolidant ainsi sa position d’autorité à l’ère du calcul IA.
Cet article sur les résultats financiers d’Arm supérieurs aux attentes, l’avertissement du PDG concernant la faiblesse du marché des téléphones, et le lancement du « AGI CPU » pour élargir la part de marché de l’IA, est apparu le plus tôt sur Chaîne Actualités ABMedia.
Articles similaires
JPMorgan et Mastercard terminent le règlement transfrontalier « pour la première fois » via la tokenisation des bons du Trésor américain à partir d’un grand livre XRP
HawkEye 360 lève $416M lors de son introduction en bourse au NYSE, valorisée à 2,42 milliards de dollars
L’Allemagne envisage de supprimer l’exonération fiscale de la détention de Bitcoin pendant un an et d’adopter un régime d’imposition similaire à celui des actions
Les ETF Bitcoin au comptant enregistrent 45,85 millions de dollars d’entrées nettes sur une nuit, BlackRock IBIT en tête avec 134 millions de dollars
Les commandes du T1 de DoorDash manquent les estimations malgré les dépenses technologiques
La Corée du Sud dépasse le Canada et devient le septième plus grand marché boursier mondial, en hausse de 71% depuis le début de l’année, à 4,59 billions de dollars