Microsoft CEO Satya Nadella l’année dernière a suggéré que le SaaS (Software as a Service) se fondrait dans de nombreux agents intelligents construits sur des bases de données CRUD. Cette déclaration était une réponse à l’affirmation du CEO de Salesforce, Marc Benioff, comparant Microsoft Copilot à l’ancien “Clippy”.
De manière ironique, la prédiction de Nadella s’est partiellement réalisée dans le domaine des applications pour un seul utilisateur (c’est-à-dire la suite Microsoft Office). Cette transformation constitue une nouvelle menace pour le modèle logiciel d’entreprise. Si l’on ne peut pas résister à l’impact des agents intelligents, le modèle de tarification du SaaS sera mis à mal, et la réaction du marché sera forcément négative. Le défi actuel consiste à maintenir ou à transformer des outils de productivité comme Office.
La prédiction de Nadella révèle la vulnérabilité potentielle de la gamme Office. Actuellement, Office risque de passer d’un centre de collaboration utilisateur à un ensemble de plugins générés, modifiés et exécutés par des agents intelligents, sans nécessiter l’utilisation des applications Microsoft. Cela signifie que les agents intelligents pourront générer des documents Office sans passer par les applications Microsoft.
Le dilemme auquel Nadella est confronté est le suivant : préserver la position centrale d’Office ou sacrifier une partie du modèle basé sur les applications pour prendre le contrôle d’une plateforme d’agents intelligents. Microsoft devrait repenser l’architecture de ses logiciels de productivité, passant d’un modèle centré sur les applications à un modèle centré sur la plateforme. Cette transition permettrait de créer de la valeur dans de nouveaux interfaces de travail, couvrant la gestion de l’information, la sécurité et la gouvernance d’entreprise.
Face à cette révolution, Microsoft réfléchit en profondeur à la manière d’exploiter ses avantages traditionnels d’Office tout en repensant l’expérience utilisateur.