Écrit par : 0xjs@金色财经
Le 26 février 2026, le géant des technologies de paiement Block (anciennement Square), fondé par le créateur de Twitter Jack Dorsey, a annoncé une décision choquante pour l’industrie :
Plus de 4000 employés seront licenciés, soit presque la moitié de ses effectifs, réduisant l’équipe de plus de 10 000 à moins de 6 000 personnes.
Cette annonce a rapidement fait grimper le cours de l’action de l’entreprise, avec une hausse de plus de 24 % après la clôture. En apparence, il s’agit d’une nouvelle phase de « réduction des coûts » dans le secteur technologique, mais en analysant en profondeur la situation financière de Block, on constate que ce n’est pas une crise financière qui motive cette décision, mais une stratégie proactive d’adoption de l’IA pour améliorer l’efficacité.
Cependant, si l’on adopte le cadre de réflexion de l’article récemment publié « La Crise Intelligente Globale 2028 », cette vague de licenciements pourrait annoncer des risques économiques plus larges : le remplacement de l’intelligence humaine par l’IA pourrait déclencher une réaction en chaîne, menant à une crise de l’emploi et à l’effondrement de l’économie de consommation.
Situation financière de Block : croissance solide et amélioration de la rentabilité
Les performances financières de Block peuvent être qualifiées de « robustes et optimistes ». Selon le dernier rapport financier du quatrième trimestre 2025, la société a réalisé un bénéfice par action (EPS) ajusté de 0,65 dollar, avec un chiffre d’affaires de 6,25 milliards de dollars, et un bénéfice brut en hausse de 24 % à 2,87 milliards de dollars. Sur l’année, le bénéfice brut dépasse 10,36 milliards de dollars, en hausse de 17 %, grâce à ses activités principales — la plateforme de paiement Square, le portefeuille mobile Cash App, et le service de paiement différé Afterpay. La société a également affiché d’excellentes performances dans le domaine des revenus liés au Bitcoin, avec près de 2 milliards de dollars au troisième trimestre, représentant un tiers du chiffre d’affaires total.
Pour 2026, la direction de Block a encore relevé ses prévisions : le bénéfice brut devrait atteindre 12,2 milliards de dollars, en hausse de 18 % ; le revenu opérationnel ajusté de 3,2 milliards de dollars, avec une marge de 26 % ; le bénéfice par action ajusté de 3,66 dollars, en hausse de 54 %.
Ces chiffres dépassent largement les prévisions consensuelles des analystes, témoignant de la confiance de l’entreprise dans sa croissance future. La société dispose d’une liquidité abondante, avec une réserve de 9,2 milliards de dollars en fin d’année, et continue de racheter ses actions (11,9 millions d’actions rachetées au quatrième trimestre, pour une valeur de 790 millions de dollars). En résumé, Block n’est pas sous pression financière ; au contraire, sa rentabilité s’accélère, avec un profit annuel de 1,3 milliard de dollars en 2025.
Du point de vue de la structure commerciale, la croissance de Block repose principalement sur l’expansion des paiements numériques et des services financiers. La base d’utilisateurs de Cash App dépasse les attentes, tandis que les outils pour commerçants de Square maintiennent leur position de leader sur le marché des petites entreprises. Ces facteurs soutiennent la valorisation élevée de l’entreprise, malgré une baisse de 16 % du cours en un an, la réaction positive du marché après l’annonce des licenciements témoignant de la reconnaissance des investisseurs pour l’optimisation des coûts.
Pourquoi licencier près de la moitié des employés ? La révolution de l’efficacité pilotée par l’IA
Malgré des résultats financiers impressionnants, Block a choisi de réduire massivement ses effectifs, ce qui n’est pas une exception, mais une illustration du mouvement de transformation par l’IA dans le secteur technologique.
Le PDG de Block, Jack Dorsey, a clairement indiqué dans une lettre aux actionnaires : « Les outils intelligents ont changé notre façon de construire et d’exploiter une entreprise. Nous en avons déjà fait l’expérience en interne. Une équipe plus petite, utilisant les outils que nous développons, peut faire plus et mieux. Et la capacité de ces outils s’accélère chaque semaine. » La directrice financière, Amrita Ahuja, a ajouté que cette réduction de personnel vise à « constituer une équipe plus petite et plus efficace, automatisant davantage de tâches grâce à l’IA, pour agir plus rapidement ».
Essentiellement, cette vague de licenciements marque la transition de Block d’un modèle traditionnel basé sur une main-d’œuvre importante vers une structure native à l’IA (AI-native). La société prévoit que cette démarche entraînera des coûts de restructuration de 450 à 500 millions de dollars, principalement pour les indemnités de départ et l’accélération de l’attribution des actions, mais à long terme, elle réduira considérablement les coûts opérationnels et augmentera la marge bénéficiaire.
Dorsey prévoit même que la majorité des entreprises suivront dans l’année, car l’adoption de l’IA va remodeler la structure de la main-d’œuvre. Cela s’aligne parfaitement avec les activités de Block : en tant que société fintech, elle peut optimiser le traitement des paiements, l’évaluation des risques et le service client grâce à l’IA, réduisant ainsi sa dépendance à la main-d’œuvre humaine.
D’un point de vue plus large, cette vague de licenciements reflète l’infiltration de l’IA dans le travail de bureau. Block n’est pas la première grande entreprise technologique à agir ainsi — Elon Musk avec Tesla et Meta ont également réalisé des gains d’efficacité par la réduction pilotée par l’IA. Mais la taille de Block (près de la moitié de ses employés) en fait un cas emblématique, annonciateur d’un avenir où l’IA pourrait accélérer l’émergence d’une économie « sans friction ».
Quand « La Crise Intelligente Globale 2028 » se joue en avance : voir les licenciements de Block comme un risque macroéconomique potentiel
Si l’on se limite au cas de Block, cette vague de licenciements peut sembler une simple adaptation stratégique. Mais en adoptant le cadre de réflexion de l’article « La Crise Intelligente Globale 2028 » publié par Citrini Research en février 2026, on découvre que cela pourrait n’être que la partie émergée de l’iceberg. Cet article est une expérience de pensée hypothétique, qui, en regardant depuis 2028, anticipe une crise économique déclenchée par l’IA, centrée sur « l’ paradoxe de l’efficacité de l’IA » : si les prévisions optimistes sur l’IA se réalisent, elles pourraient en fait provoquer un désastre.
L’article avance que l’IA agentique (Agentic AI) remplacera massivement les emplois de bureau, faisant disparaître la « prime d’intelligence ». Les revenus de la classe moyenne — dépendant de postes nécessitant connaissances et jugement — seront automatisés, entraînant une « spirale de remplacement intelligent » : les entreprises adoptent l’IA pour augmenter leur productivité, licencient davantage ; les chômeurs réduisent leur consommation, ce qui presse les profits des entreprises ; celles-ci investissent encore plus dans l’IA pour réduire leurs coûts, aggravant le chômage. Cela aboutit à un « PIB fantôme » : une croissance apparente de la production économique, mais où les machines ne consomment pas, n’achètent pas de maison, ne voyagent pas, menant à l’effondrement de l’économie de consommation, qui représente 70 % du PIB américain.
Les licenciements de Block s’inscrivent parfaitement dans cette logique. En tant que pionnier de l’IA, Block a automatisé des tâches comme l’analyse de données et le support client, réalisant « plus avec moins » — mais cela signifie aussi que plus de 4000 employés verront leurs revenus interrompus. Si cette tendance se répand dans la tech, la finance et le SaaS à l’échelle mondiale (comme la prédiction de l’effondrement des plateformes de voyage ou des assurances), la vague de chômage pourrait toucher la classe moyenne, entraînant une baisse de la demande. La dépendance de Block à la consommation (transferts via Cash App, paiements différés avec Afterpay) pourrait également s’effondrer si les revenus des consommateurs chutent brutalement.
L’article met aussi en garde contre la destruction par l’IA des « frictions commerciales » (comparateurs automatiques, désabonnements simplifiés), ce qui pourrait détruire des industries basées sur l’asymétrie d’information. Bien que l’écosystème de paiement de Block profite de l’optimisation par l’IA, si l’agent AI des consommateurs devient courant, le modèle de commissions pourrait être mis à mal. La pire hypothèse étant un effondrement boursier après la bulle de l’IA, avec un taux de chômage supérieur à 10 %. La hausse à court terme du cours de Block pourrait n’être qu’une phase de « prospérité initiale » selon l’article, mais le risque à long terme ne doit pas être sous-estimé. Bien que cette analyse soit une simulation, sa publication a provoqué une vente massive sur le marché américain, avec une chute de 800 points du Dow Jones, illustrant la sensibilité du marché face aux risques de déclin liés à l’IA.
Conclusion : l’IA, une épée à double tranchant, et l’adaptation humaine
L’événement de licenciement chez Block montre comment l’IA peut entraîner des transformations dans une entreprise financièrement solide, mais il sonne aussi l’alarme.
Comme le met en garde « La Crise Intelligente Globale 2028 », si la vitesse à laquelle l’IA remplace l’intelligence humaine dépasse la capacité d’adaptation de la société, nous pourrions faire face à une crise sans précédent. Les décideurs doivent envisager des mesures telles que le revenu de base universel ou la reconversion professionnelle, tandis que les entreprises comme Block doivent équilibrer efficacité et responsabilité sociale.
Face à l’ère de l’intelligence artificielle, chacun doit se poser la question : comment se préparer ? Quelles compétences sont difficiles à reproduire par l’IA ? Il faut agir en amont, pour disposer d’un atout en cas de scénario catastrophe.
Annexe : lettre publique de Jack Dorsey
« Aujourd’hui, nous prenons l’une des décisions les plus difficiles de l’histoire de l’entreprise : nous allons licencier près de la moitié de nos employés, passant de plus de 10 000 à moins de 6 000. Plus de 4 000 personnes seront invitées à quitter l’entreprise ou à entamer une négociation. Je vais vous dire franchement ce qui se passe, pourquoi, et ce que cela signifie pour chacun.
Tout d’abord, si vous faites partie des personnes concernées, vous recevrez 20 semaines de salaire, plus une semaine par année d’ancienneté, jusqu’à la fin mai, ainsi que des actions acquises, six mois d’assurance santé, votre matériel d’entreprise, et une aide de transition de 5 000 dollars pour vous aider à traverser cette période (si vous êtes hors des États-Unis, vous bénéficierez d’une aide similaire, selon les réglementations locales). Je souhaite que vous compreniez cela en premier lieu. Que vous soyez licencié, en négociation ou invité à rester, cette communication sera faite à tous.
Nous ne prenons pas cette décision parce que l’entreprise est en difficulté. Notre croissance est forte, la marge brute continue d’augmenter, le nombre de clients ne cesse de croître, et la rentabilité s’améliore. Mais la situation a changé. Nous voyons que les outils intelligents que nous développons, combinés à une équipe plus petite et plus plate, créent une nouvelle façon de travailler, qui change fondamentalement la construction et l’exploitation de l’entreprise. Et cette tendance s’accélère rapidement.
J’ai deux options : laisser cette transition se faire progressivement par des licenciements étalés sur plusieurs mois ou années, ou agir immédiatement en étant transparent. J’ai choisi la seconde. Licencier de façon répétée démoralise, disperse l’attention, et nuit à la confiance de nos clients et actionnaires dans notre leadership. Je préfère agir maintenant de manière décisive et claire, en restant fidèle à nos convictions, plutôt que de faire des licenciements lents qui aboutiraient au même résultat. Une structure plus petite nous donne aussi plus de liberté pour développer l’entreprise à notre façon, plutôt que de constamment réagir à la pression du marché.
Ce type de décision comporte des risques, mais rester immobile est tout aussi risqué. Nous avons effectué une évaluation complète, identifié les effectifs et postes nécessaires pour une croissance stable, et testé ces décisions sous divers angles. Je reconnais que nous avons peut-être commis des erreurs, et nous avons prévu une certaine flexibilité pour y faire face, afin d’assurer le meilleur choix pour nos clients.
Nous ne couperons pas brutalement tout contact, ni ne ferons comme si ces personnes n’avaient jamais existé. La communication restera ouverte jusqu’à jeudi soir (heure du Pacifique), pour permettre à chacun de dire au revoir et de partager ses pensées. Je ferai aussi une vidéo en direct à 15h35 (heure du Pacifique) pour remercier tout le monde. Je sais que cela peut sembler un peu gênant, mais je préfère cette approche humaine, même si elle est un peu maladroite, plutôt qu’une froideur impersonnelle.
À ceux qui vont partir… je vous remercie, et je suis désolé que vous viviez cela. Vous avez contribué à bâtir l’entreprise d’aujourd’hui, et cela restera gravé en moi. Ce n’est pas un jugement sur votre contribution, et vous serez toujours une pièce essentielle dans n’importe quelle organisation future.
À ceux qui restent… c’est une décision que j’assume. J’espère que vous me rejoindrez pour construire cette entreprise, centrée sur l’intelligence, dans tout ce que nous faisons : notre façon de travailler, de créer, et de servir nos clients. Nos clients ressentiront aussi cette transformation, et nous les aiderons à faire la transition : vers un avenir où ils pourront utiliser directement nos fonctionnalités, construire leurs propres outils via notre interface. C’est là où je concentre désormais mon attention.