Points clés à retenir :
Le Royaume-Uni a officiellement tracé sa voie vers l’un des régimes de déclaration fiscale sur la cryptomonnaie les plus complets parmi les grands centres financiers. Grâce à l’adoption du Cadre de déclaration des actifs cryptographiques de l’OCDE (CARF), les autorités britanniques cherchent à soumettre les actifs numériques au même niveau de contrôle que les comptes financiers traditionnels.
Ce changement marque une évolution structurelle pour les plateformes d’échange, les fournisseurs de portefeuilles et les plateformes de services opérant au Royaume-Uni ou au service des utilisateurs britanniques.
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Le Royaume-Uni a confirmé qu’il mettrait en œuvre le Cadre de déclaration des actifs cryptographiques de l’OCDE dans le cadre d’un effort mondial coordonné pour combler les lacunes de déclaration fiscale créées par les actifs numériques.
Le CARF exige que les prestataires de services de déclaration d’actifs cryptographiques (RCASPs) collectent, vérifient et déclarent les informations des utilisateurs et les données de transaction aux autorités fiscales nationales. Au Royaume-Uni, ces données seront transmises directement à HM Revenue & Customs (HMRC).
Les règles s’appliquent aussi bien aux utilisateurs britanniques qu’aux clients non britanniques interagissant avec des plateformes basées au Royaume-Uni. La déclaration couvrira les transactions, les transferts d’actifs et les détails d’identité permettant à HMRC de détecter les gains cryptographiques sous-déclarés ou non déclarés.
Bien que le Royaume-Uni ait signé l’engagement international conjoint à la fin 2023, la mise en œuvre pratique débutera en janvier 2026. Le premier cycle complet de déclaration portera sur l’année civile 2026, avec des soumissions attendues avant le 31 mai 2027.
Avec cette nouvelle structure, les plateformes d’échange et les prestataires de services crypto devront rassembler des volumes de données similaires à ceux exigés par les banques.
Cela comprend les données d’identité des clients, le domicile fiscal, la valeur des transactions et l’historique des actifs. Il leur sera également demandé de surveiller les échanges crypto-contre-crypto, les transferts de portefeuille à portefeuille, et les activités liées aux actifs tokenisés.
Le champ d’application est volontairement étendu. Les régulateurs souhaitent décourager l’arbitrage réglementaire, où les participants migrent vers des plateformes ou structures qui ne nécessitent pas une telle déclaration.
Le RCASP ne se limite pas aux plateformes centralisées. Toute partie qui contrôle ou exerce une influence considérable sur les transactions cryptographiques peut être concernée.
Cela inclut les plateformes de garde, les services de type courtage ainsi que certains opérateurs de systèmes décentralisés où la gouvernance ou le contrôle est conservé. Les logiciels ne sont pas réglementés, cependant, les individus ou toute entreprise contrôlant ou manipulant le logiciel pourraient être soumis à déclaration.
Le Royaume-Uni a assuré qu’il interprétera cela conformément aux directives du GAFI, et qu’il ne cédera pas aux demandes d’exceptions générales pour les plateformes non custodiales ou dirigées par des développeurs.
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Un aspect important de la mise en œuvre au Royaume-Uni est la déclaration domestique. Les plateformes d’échange de cryptomonnaies basées au Royaume-Uni devraient participer à la déclaration de leurs utilisateurs britanniques, même lorsque toute la transaction se déroule entièrement au Royaume-Uni.
Cela diffère des cadres précédents, principalement axés sur la transparence transfrontalière. HMRC affirme que la déclaration domestique entraînera moins de duplication, une meilleure efficacité et une vue plus claire de l’activité des contribuables.
En revanche, le gouvernement a choisi de ne pas étendre immédiatement la déclaration domestique en utilisant le Standard de déclaration commune (CRS) aux institutions financières traditionnelles, arguant que les aspects techniques et opérationnels de la question restent non résolus.
Le Royaume-Uni révisera également le Standard de déclaration commune en conjonction avec le CARF, qui régit la déclaration des titulaires de comptes non résidents par les banques et institutions financières.
Les amendements élargissent le champ des actifs à couvrir, exigent l’enregistrement des institutions de déclaration qui doivent être obligatoires, et la structure des sanctions est conforme à d’autres régimes de déclaration numérique.
Les deux amendements du CARF et du CRS entreront en vigueur à partir de janvier 2026, avec des dates de déclaration identiques pour faciliter la déclaration entre les institutions relevant des deux régimes.
Bien que certains acteurs de l’industrie craignaient une surcharge opérationnelle, la majorité des intervenants ont préféré aligner les calendriers afin de limiter la fragmentation.