

Le « Doom Loop » désigne une dynamique où une situation défavorable en provoque une autre, entraînant une succession de revers qui s’aggravent et s’auto-renforcent, aboutissant à une trajectoire descendante difficile à enrayer. Une fois enclenchée, cette réaction en chaîne s’accélère rapidement, à l’image d’un effet boule de neige, rendant la situation progressivement plus critique.
Pour illustrer le Doom Loop, prenons le cas d’un homme souffrant de dépression. Si les causes de sa dépression peuvent varier, l’essentiel réside dans ses conséquences sur sa vie quotidienne. La dépression affecte son comportement, ce qui finit par lui faire perdre son emploi. Cette perte d’emploi engendre alors des tensions et des conflits avec son épouse. Ce scénario constitue l’exemple classique du Doom Loop.
Au départ, cet homme lutte contre la dépression, mais ce trouble influence ses actes, menant au chômage. La perte d’emploi provoque ensuite des conflits familiaux, amorçant une spirale négative où chaque étape renforce la suivante et accentue ses difficultés. À chaque phase, les obstacles s’accumulent, rendant la situation globale de plus en plus difficile à surmonter.
En économie, le Doom Loop fonctionne sur le même principe qu’au niveau individuel : une situation négative en entraîne une autre, risquant un déclin incontrôlable et auto-entretenu. Le Doom Loop économique peut concerner la monetary policy, les relations commerciales, les marchés financiers et d’autres secteurs interconnectés.
Un exemple emblématique est le Dollar Doom Loop. Ce cycle résulte d’un réseau de facteurs interdépendants—commerce mondial, taux de change, croissance économique—où une perturbation dans un domaine peut déclencher une cascade d’effets majeurs sur l’ensemble de l’économie mondiale.
Le Dollar Doom Loop ne désigne pas une théorie unique, mais englobe diverses crises économiques potentielles liées au statut particulier et à la volatilité du dollar américain. Pour en saisir la portée, il convient de considérer le contexte économique mondial actuel.
Ces dernières années, la production industrielle mondiale, les prix des matières premières et le commerce international sont en recul, suscitant de vives inquiétudes quant à l’avenir du commerce international. Plus significatif encore, cette tendance s’est confirmée alors même que le dollar s’est apprécié face aux principales devises mondiales.
Cette évolution pose problème car le dollar américain est la principale monnaie de réserve et de règlement à l’échelle mondiale. Lorsque les pays échangent leur devise contre des dollars, un dollar fort implique une dépréciation de leur monnaie nationale. Concrètement, il faut davantage de monnaie locale pour obtenir une même quantité de dollars. Ce glissement des taux de change augmente directement le coût des échanges internationaux.
De telles circonstances nourrissent les craintes d’un Dollar Doom Loop. Face à des ralentissements ou à des tensions économiques, échanger une devise nationale affaiblie contre des dollars peut accentuer les difficultés financières—particulièrement lorsque les économies sont déjà sous pression. Ce contexte renforce les inquiétudes concernant une aggravation de la spirale descendante.
Mais l’incidence ne s’arrête pas là. Même avec un dollar fort, les États-Unis en subissent les effets. De nombreuses entreprises américaines détiennent des actifs et génèrent des revenus à l’étranger, libellés en devises étrangères, et leurs recettes internationales diminuent. Par exemple, Netflix a signalé une baisse de son chiffre d’affaires due à des fluctuations défavorables des taux de change provoquées par la vigueur du dollar. Les sociétés américaines peuvent alors enregistrer une contraction de leurs revenus, débouchant sur des licenciements, voire des risques de faillite.
En résumé : le ralentissement généralisé de l’activité économique mondiale constitue le déclencheur initial. L’appréciation du dollar accélère involontairement la baisse mondiale en dévaluant les monnaies des autres pays et en augmentant le coût du commerce international. Lorsque les entreprises américaines subissent également la contraction de leurs revenus internationaux liée aux variations de devises, le phénomène s’accentue. C’est ainsi que se structure le Dollar Doom Loop : un cercle vicieux où chaque difficulté alimente la suivante, rendant la spirale descendante de plus en plus difficile à inverser.
Face à l’inquiétude croissante liée au Dollar Doom Loop, l’investisseur crypto Arthur Hayes a publié un essai intitulé « Doom Loop », prédisant que Bitcoin et l’or atteindraient respectivement 1 million $ et 20 000 $. Hayes avance qu’une dynamique spécifique du Doom Loop pourrait engendrer ces fortes hausses de prix.
D’après Hayes, l’inflation s’installe partout dans le monde. Aux portes de l’Europe, une guerre impliquant la Russie—l’une des plus grandes puissances nucléaires et énergétiques—fait rage. L’Europe soutient naturellement l’Ukraine, mais ce soutien militaire et financier pose problème : l’économie européenne, en particulier celle de l’Allemagne, dépendait historiquement de l’énergie russe bon marché, désormais coupée.
Ce constat est préoccupant car l’industrie allemande repose largement sur le pétrole russe. Grâce à ce pétrole abordable, l’Allemagne a pu rivaliser avec les économies asiatiques. Tout cela est aujourd’hui remis en question. L’Allemagne, pilier économique de l’Union européenne et de la zone euro, voit tout choc sur son économie se répercuter sur l’ensemble du bloc. Quand l’Allemagne s’enrhume, c’est toute l’Europe qui éternue.
On constate aussi que les États-Unis utilisent leur domination financière pour sanctionner et isoler la Russie du système économique mondial. Les pays—notamment ceux disposant de vastes réserves de change comme la Chine—revoient leur engagement à détenir des actifs libellés en dollars, depuis que les États-Unis se sont montrés prêts à saisir ou bloquer ces actifs pour des objectifs stratégiques.
Alors que les États-Unis recourent de plus en plus à cette influence financière comme outil de pression, les nations cherchent des alternatives pour stocker leurs réserves excédentaires. Hayes estime que seuls deux actifs sont viables : Bitcoin et l’or. Si les États adoptent ces alternatives, Hayes pense que Bitcoin et l’or pourraient atteindre des sommets inédits. Un tel basculement pourrait remettre en cause l’ordre financier mondial centré sur le dollar.
Si Arthur Hayes prédit un Doom Loop susceptible de propulser Bitcoin (et l’or) à des niveaux record, certains avis opposés considèrent que Bitcoin et les cryptomonnaies pourraient eux-mêmes être pris dans un Doom Loop. Ces inquiétudes sont liées à la récente évolution du prix du Bitcoin : après avoir atteint 20 000 $, il est retombé autour de 16 000 $.
La situation s’est aggravée avec l’effondrement de la plateforme FTX, ternissant la réputation du secteur crypto. Toutefois, il convient de rappeler que tous les secteurs ont été confrontés à des affaires de fraude. Ces effets négatifs devraient donc rester temporaires. Le secteur crypto devra regagner la confiance, mais cela ne signifie pas qu’un Doom Loop irréversible soit inévitable.
L’histoire montre que les marchés financiers possèdent des mécanismes d’auto-correction et d’adaptation. Si des périodes de volatilité et de crises de confiance surviennent, la croissance à long terme du secteur crypto restera portée par l’innovation technologique et la demande du marché.
Les dernières années ont vu croître les préoccupations concernant divers Doom Loops—qu’il s’agisse du dollar, du contexte économique et politique, ou de chocs comme la chute de FTX. Ces inquiétudes mettent en lumière la complexité et l’interdépendance du système financier mondial, ainsi que la vulnérabilité intrinsèque des marchés.
Malgré les défis persistants, l’activité économique n’a pas sombré comme certains le redoutaient. Au contraire, les performances durant la pandémie ont dépassé de nombreuses attentes. Le marché du travail demeure dynamique et les opportunités d’emploi subsistent. Plus encore, Bitcoin continue d’opérer dans le monde entier, assumant pleinement son rôle d’actif numérique décentralisé.
Cela montre que, malgré des risques réels de Doom Loop, les systèmes économiques disposent aussi d'une capacité de résilience et d’adaptation. Les institutions financières traditionnelles comme le secteur crypto évoluent en permanence pour répondre à de nouveaux enjeux. L’avenir dépendra de la capacité des acteurs majeurs à rompre les cycles négatifs et à instaurer un ordre économique plus stable et durable.
Le Doom Loop désigne des cycles récurrents de forte volatilité sur le marché crypto. Ses principales caractéristiques sont : chutes brutales des prix, recul des volumes d’échange, ventes paniques, effondrement de la confiance, puis reprises cycliques après avoir atteint un plancher. Ces cycles reflètent un sentiment de marché irrationnel et des fluctuations extrêmes de la liquidité.
Dans la science-fiction, le Doom Loop apparaît souvent sous la forme de cycles de catastrophe, de destruction et de renaissance. Parmi les exemples classiques : le cycle viral dans « 28 Days Later », les boucles temporelles dans « Back to 30 Days Ago », les cycles dimensionnels dans « Interstellar » et les mondes simulés dans « The Matrix ». Ces récits explorent la reconstruction de la civilisation et la lutte contre le destin après une apocalypse.
Le Doom Loop implique la répétition des mêmes événements ou cycles, tandis que le voyage dans le temps concerne le déplacement à travers le temps, et les univers parallèles renvoient à des réalités multiples indépendantes. Les liens diffèrent : selon l’interprétation des mondes multiples, le voyage dans le temps pourrait générer des branches parallèles pour éviter les paradoxes, alors que le Doom Loop se concentre sur la répétition des événements.
À ce jour, il n’existe pas de fondement scientifique unifié pour la théorie du Doom Loop en physique ou en philosophie. Les hypothèses concurrentes incluent la mort thermique, la théorie de l’univers cyclique et le « big crunch », mais aucune n’a été universellement adoptée. Ces concepts restent spéculatifs et requièrent des recherches scientifiques supplémentaires.
Rompre le Doom Loop suppose des connaissances approfondies et une analyse continue. En étudiant les cycles de marché, en affinant ses stratégies et en diversifiant les risques, l’investisseur peut progressivement s’extraire des cycles de panique. L’amélioration constante et la prise de décision rationnelle sont essentielles pour sortir de cette spirale.











