Il y a une chose que la modernité nous a enseignée : les contes de fées n'ont jamais été ce qu'ils semblaient être. Surtout quand il s'agit de ces mariages de rêve qui nous faisaient sentir petits dans nos vies ordinaires. Nous nous souvenons tous de l'image de Grace Kelly dans cette robe d’Helen Rose, marchant vers l'autel comme si c'était la fin parfaite d'un film hollywoodien. Mais la réalité, comme toujours, a été bien plus intéressante que la fiction.



La vérité sur ce mariage de 1956 entre la star américaine et le prince de Monaco est qu'il s'agissait avant tout d'un amour par convenance déguisé en conte de fées. Ce n'était pas un coup de foudre. C'était un arrangement. Et ce qui est le plus fascinant, c'est que tous les impliqués le savaient parfaitement.

Monaco dans les années cinquante était un petit État en faillite. Littéralement. Le principauté était endettée suite à la Seconde Guerre mondiale, et la situation était si critique que la France envisageait de l'absorber avec un intérêt croissant. Rainier, l'héritier, était célibataire, sans descendance claire, et sa sœur Antonia lui disputait le pouvoir. C'était une catastrophe politique et financière.

Puis est entré en scène Aristote Onassis, le armateur grec et principal investisseur du casino de Monte-Carlo. Selon le producteur Robert Evans, Onassis lui aurait dit quelque chose comme : Trouve une vraie fiancée. Une femme appropriée peut faire pour Monaco ce que la coronation d’Elizabeth II a fait pour la Grande-Bretagne. C’était une pure stratégie de marketing d’État, même si cela peut sembler étrange à dire ainsi.

Onassis envoya Rainier chercher parmi les actrices d’Hollywood. D’abord Marilyn Monroe, mais elle ne convenait pas. Puis arriva Grace Kelly : riche, célèbre, catholique, fertile, et avec une vie sentimentale qui causait des maux de tête à sa famille de Philadelphie. Plusieurs amants, aucune proposition de mariage. Elle était parfaite pour le rôle. Son père paya deux millions de dollars en dot pour le titre de princesse.

Ainsi fonctionnait l’amour par convenance : Grace sauva sa réputation, Onassis transforma le casino en destination de milliardaires, Rainier paya ses dettes et consolida son gouvernement. C’était une affaire rentable pour tous.

Mais voici ce qui est curieux. Lors des funérailles de Grace, des années plus tard, quand elle mourut dans ce tragique accident de voiture, les caméras capturèrent Rainier pleurant de vrai. Vraiment dévasté. Peut-être parce que ce qui avait commencé comme un arrangement financier, comme un amour par convenance calculé jusque dans le moindre détail, est devenu quelque chose de réel. Quelque chose que la vie a transformé en ce que le monde a toujours cru qu’il était : une histoire d’amour de film. Parfois, la réalité dépasse la fiction, il ne faut juste un peu plus de temps pour qu’elle arrive.
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