Le gouvernement irakien et les autorités kurdes parviennent à un accord pour reprendre les exportations de pétrole vers le port de Ceyhan en Turquie

  • Résumé

  • Comité conjoint pour préparer la reprise des exportations de pétrole via le pipeline

  • Tensions croissantes autour du nouveau système électronique de douane

  • Reprise des exportations de pétrole malgré les défis sécuritaires et économiques

  • Le GKR cherche des garanties pour un environnement sûr de production pétrolière

BAGDAD, 17 mars (Reuters) - Le gouvernement irakien et le Gouvernement régional du Kurdistan ont conclu un accord pour reprendre les exportations de pétrole vers le centre énergétique de Ceyhan en Turquie à partir de mercredi, a déclaré mardi le ministre irakien du pétrole.

Le flux de pétrole depuis le port de Ceyhan devrait commencer à 10h, heure locale (07h00 GMT) mercredi, selon les médias d’État, citant le ministre irakien du pétrole Hayan Abdel-Ghani.

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Le GKR a confirmé l’accord, déclarant dans un communiqué que les deux parties formeraient un comité conjoint pour préparer la reprise des exportations de pétrole via le pipeline régional à partir de mercredi, avec les revenus reversés au trésor fédéral.

Les deux parties ont également convenu de prendre les mesures de sécurité nécessaires pour protéger les champs pétrolifères et assurer la continuité des opérations d’exportation, a indiqué le GKR.

Le Premier ministre du GKR, Masrour Barzani, a déclaré sur X que la région permettrait l’exportation de brut via le pipeline du Kurdistan dès que possible « compte tenu des circonstances exceptionnelles auxquelles le pays est confronté ».

« Les discussions avec Bagdad continueront pour lever d’urgence les restrictions sur les importations et le commerce dans la région, et pour fournir les garanties nécessaires aux compagnies pétrolières et gazières afin qu’elles puissent reprendre la production en toute sécurité », a-t-il ajouté.

Plus tard, sur X, Barzani a indiqué qu’au cours d’un appel téléphonique avec l’envoyé américain Tom Barrack, il avait donné instruction à l’équipe du GKR de fournir toutes les facilités nécessaires pour reprendre les exportations de pétrole dans l’intérêt des citoyens face aux circonstances difficiles.

Les autorités kurdes irakiennes ont déclaré dimanche que Bagdad n’avait pas réussi à relever les défis sécuritaires et économiques du secteur pétrolier, rejetant une accusation selon laquelle elles refusaient de permettre l’exportation de brut via un pipeline régional.

La déclaration est intervenue après que le ministère irakien du pétrole a affirmé que le GKR avait refusé de lui permettre d’utiliser un pipeline comme route alternative pour le flux de brut perturbé par le conflit avec l’Iran, accusant les autorités locales d’avoir mis en place des conditions arbitraires.

DÉCLIN DE LA PRODUCTION DUE AU CONFLIT IRANIEN

Plus tôt mardi, la présidence irakienne a exhorté le gouvernement fédéral irakien et le GKR à coopérer pour reprendre les exportations de pétrole brut, selon un communiqué de la présidence.

Le parlement irakien a également adopté mercredi une décision en sept points lors d’une session consacrée aux exportations de pétrole via le pipeline de Ceyhan, appelant le gouvernement fédéral à trouver des débouchés pour le pétrole irakien afin d’éviter des dommages économiques dans le contexte sécuritaire actuel, rapporte l’agence de presse officielle.

Les décisions parlementaires semblent viser à renforcer l’autorité de Bagdad sur le secteur pétrolier du pays, suite à une réunion tardive mardi avec le ministre du pétrole pour évaluer l’impact de l’arrêt des exportations après la fermeture du détroit de Hormuz.

Dans un communiqué, le parlement a indiqué qu’il était prêt à approuver toute mesure nécessaire pour soutenir cet effort et a appelé le gouvernement fédéral à prendre le contrôle de toutes les sources de production, de transport et de distribution de pétrole.

Il a également exhorté le gouvernement à fournir du fioul aux usines publiques et privées pour éviter une accumulation de stocks dans les raffineries, et à réhabiliter la route du pipeline irakien de Kirkuk à travers l’ouest de Mossoul, Zummar et Fishkhabour vers Ceyhan.

La production de pétrole des principaux champs du sud de l’Irak, où la majorité de son brut est produite et exportée, a chuté de 70 %, pour atteindre seulement 1,3 million de barils par jour, selon des sources ayant parlé à Reuters le 8 mars, en raison de la crise iranienne qui a effectivement fermé le détroit de Hormuz, par lequel passe environ 20 % du pétrole mondial.

Le ministère irakien du pétrole a envoyé début mars une lettre au GKR pour demander l’autorisation de pomper au moins 100 000 b/j de brut depuis les champs de Kirkuk via le réseau de pipelines du Kurdistan vers le centre énergétique de Ceyhan en Turquie, ont indiqué deux responsables pétroliers à Reuters la semaine dernière.

Des responsables kurdes affirment que les tensions avec Bagdad ont augmenté après que le gouvernement fédéral a décidé de mettre en œuvre un nouveau système électronique de douane, permettant de surveiller les importations et les revenus, une étape que le GKR considère comme une atteinte à son autonomie et à son contrôle sur le commerce.

Reportage d’Ahmed Rasheed à Bagdad, Yomna Ehab et Muhammed Al Gebaly au Caire ; reportage supplémentaire d’Enas Alashray au Caire ; rédaction par Yomna Ehab ; montage par Alistair Bell, Rod Nickel et Bill Berkrot

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