Café en vente : le marché digère la hausse de la production mondiale

Les contrats à terme sur le café arabica de mai ont clôturé mercredi en baisse de 0,65 point (-0,23 %), tandis que le robusta ICE de mai a augmenté de 63 points (+1,73 %), le marché du café se stabilisant après plusieurs semaines de pression vendeuse. La dynamique des prix mixtes reflète un marché peinant à trouver une direction, entre des prévisions de production record et des mouvements de devises favorables. Les fondamentaux mondiaux du café ont connu un changement radical, avec des prix pour les deux variétés atteignant des niveaux minimums depuis plusieurs mois — l’arabica touchant un plus bas de 15 mois et le robusta tombant à un plus bas de 6,5 mois — alors que la situation de l’offre mondiale s’éclaircit considérablement.

Perspectives mondiales de l’offre changent avec des prévisions de récolte record

Le principal facteur pesant sur les prix du café est la révision à la hausse des estimations de la production mondiale. L’agence de prévision des récoltes du Brésil, Conab, a annoncé le 5 février que la production de café du pays en 2026 augmenterait de 17,2 % par rapport à l’année précédente, atteignant un niveau sans précédent de 66,2 millions de sacs. Parmi cette quantité, la production d’arabica devrait bondir de 23,2 % à 44,1 millions de sacs, tandis que celle du robusta augmenterait de 6,3 % à 22,1 millions de sacs. Ces prévisions record reflètent des conditions de croissance améliorées dans les principales régions caféicoles du Brésil.

Le Vietnam, premier producteur mondial de robusta, constitue également un vent contraire pour les prix. Les exportations de café du pays en janvier ont explosé de 38,3 % en glissement annuel pour atteindre 198 000 tonnes métriques, signalant une offre robuste sur les marchés mondiaux. Plus préoccupant pour les prix, la production annuelle de café du Vietnam en 2025 a augmenté de 17,5 % par rapport à l’année précédente, atteignant 1,58 million de tonnes métriques. Pour l’avenir, la production de café du Vietnam pour 2025/26 est prévue en hausse de 6 %, atteignant un sommet de quatre ans de 1,76 million de tonnes métriques (29,4 millions de sacs), ajoutant ainsi des stocks substantiels de robusta à l’inventaire mondial.

Au niveau mondial, le Service de l’agriculture étrangère de l’USDA prévoit que la production mondiale de café en 2025/26 augmentera de 2,0 % par rapport à l’année précédente, atteignant un record de 178,848 millions de sacs. Cependant, cela masque un changement significatif : la production d’arabica devrait diminuer de 4,7 %, à 95,515 millions de sacs, tandis que celle du robusta connaîtrait une hausse de 10,9 %, à 83,333 millions de sacs. Le FAS prévoit que les stocks de fin de période pour 2025/26 diminueront de 5,4 %, passant à 20,148 millions de sacs contre 21,307 millions en 2024/25, bien que la reprise des stocks à court terme ait déjà commencé.

Soutien par la force de la devise et les changements régionaux de production

Plusieurs facteurs tentent de soutenir les prix du café face aux perspectives d’offre baissière. Le real brésilien a atteint mercredi un sommet de 1,75 an face au dollar, rendant les exportations de café brésilien moins attractives en termes de devises étrangères, ce qui réduit les incitations à l’exportation pour les producteurs. Cette force de la devise a limité l’ampleur des pertes de prix lors des récentes transactions.

Les précipitations récentes dans les principales régions productrices de café du Brésil ont également soutenu la production, mais ont été neutres ou négatives pour les prix. Somar Meteorologia a rapporté que Minas Gerais, la plus grande région de culture d’arabica au Brésil, a reçu 62,8 mm de pluie durant la semaine se terminant le 13 février — soit 138 % de la moyenne historique. Cette humidité abondante garantit un développement robuste des cultures.

Du côté positif pour les prix de l’arabica, la production de café en Colombie a fortement diminué. La Fédération nationale des caféiculteurs a indiqué qu’en janvier, la production de café a chuté de 34 % en glissement annuel, pour atteindre 893 000 sacs, apportant un soutien constructif. De plus, le ministère brésilien du Commerce a annoncé le 5 février que les exportations de café en janvier ont chuté de 42,4 % en glissement annuel, à 141 000 tonnes métriques, suggérant une certaine tension dans la disponibilité à l’export à court terme.

Ce qu’il faut surveiller : la reprise des stocks et les fondamentaux du marché

La reprise des stocks de café surveillés par ICE constitue une tendance préoccupante pour les prix. Les stocks d’arabica, qui avaient atteint un plus bas de 1,75 an de 396 513 sacs le 18 novembre, ont rebondi pour atteindre un sommet de 3,75 mois de 461 829 sacs au 7 janvier. De même, les stocks de robusta ont chuté à un plus bas de 14 mois de 4 012 lots le 10 décembre, mais ont rebondi pour atteindre un sommet de 2,75 mois de 4 662 lots au 26 janvier. Cette reprise des stocks, combinée aux prévisions de production en hausse, crée des vents contraires à une nouvelle hausse des prix.

L’Organisation internationale du café a indiqué le 7 novembre que les exportations mondiales de café pour l’année commerciale en cours (octobre-septembre) ont diminué de seulement 0,3 % en glissement annuel, à 138,658 millions de sacs, ce qui indique une stabilité relative des flux d’exportation malgré la pression sur les prix. Les acteurs du marché surveillent de près si la combinaison de prévisions record de production, de reprise des stocks et d’augmentation des exportations continuera à peser sur les prix de l’arabica et du robusta dans les mois à venir.

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