Cathie Wood déclare que le marché de l'or est une bulle alors que les marchés font face à une remise à zéro de $9 billions

Le 29 janvier 2026, les marchés financiers ont connu l’une des inversions d’actifs les plus spectaculaires de ces dernières années, avec environ 9 000 milliards de dollars de capitalisation boursière qui ont fluctué entre les métaux et les actions en une seule séance de trading. Au cœur du débat sur ce qui a déclenché et maintenu cette volatilité se trouve Cathie Wood, la fondatrice influente d’ARK Invest, qui a de plus en plus exprimé ses inquiétudes quant à savoir si la récente hausse de l’or reflète de véritables fondamentaux macroéconomiques ou un excès spéculatif.

Le cas contre l’or : pourquoi Cathie Wood voit une bulle

La dernière analyse de Cathie Wood marque un changement radical par rapport au consensus général du marché, qui maintenait l’or à des niveaux élevés. Selon elle, la capitalisation boursière de l’or par rapport à la masse monétaire américaine (M2) a atteint un sommet historique en intraday, dépassant des niveaux jamais vus depuis le pic inflationniste de 1980 et même supérieurs aux évaluations observées durant la Grande Dépression en 1934. Pour Wood, ce indicateur signale une valorisation extrême qui doit inciter à la prudence.

La dirigeante d’ARK Invest a souligné que les prix actuels de l’or impliquent un scénario de crise macroéconomique qui ne ressemble ni à la stagflation des années 1970 ni à la spirale déflationniste des années 1930. Elle a argumenté que la narrative de bulle aujourd’hui ne concerne pas l’intelligence artificielle — comme beaucoup le craignaient — mais plutôt les métaux précieux. En s’appuyant sur des parallèles historiques, Wood a noté qu’un éventuel renversement de la force du dollar américain pourrait s’avérer dévastateur pour l’or, comme cela s’est produit entre 1980 et 2000, lorsque le prix de l’or s’est effondré de plus de 60 %.

Cependant, le cadre de Cathie Wood n’a pas été accepté sans contestation. Des traders macro et des analystes ont remis en question la fiabilité du ratio or/M2 dans l’ère post-assouplissement quantitatif. Les critiques soutiennent que les agrégats monétaires traditionnels se sont fragmentés à travers plusieurs systèmes — banques parallèles, plateformes de collatéral numérique, et passifs en dollars à l’échelle mondiale — rendant cet indicateur moins pertinent pour évaluer la véritable valorisation de l’or.

Un choc de marché de 9 000 milliards de dollars : l’effet de levier et les positions surchargées

L’épisode de volatilité a débuté avec la chute des actions. Microsoft, un poids lourd de l’indice et un composant clé pour de nombreux modèles de risque systémique, a subi une baisse intraday de 11-12 % après avoir donné des prévisions plus faibles pour ses activités cloud, signalant des dépenses en capital liées à l’intelligence artificielle plus élevées, et ayant perdu sa place dans la liste des meilleures actions de Morgan Stanley. L’effet de ricochet a été immédiat et brutal.

L’or a chuté d’environ 8 % lors de la panique initiale, effaçant près de 3 000 milliards de dollars de valeur notionnelle. L’argent a subi une pression encore plus forte, en baisse de plus de 12 %, effaçant environ 750 milliards de dollars de capitalisation. Les indices boursiers américains — S&P 500 et Nasdaq — ont perdu collectivement plus de 1 000 milliards de dollars lors de la vente intraday. Cependant, à la clôture, la forte inversion qui a suivi a permis de récupérer une grande partie de ces pertes : l’or a regagné près de 2 000 milliards, l’argent environ 500 milliards, et les actions plus de 1 000 milliards.

Cette inversion spectaculaire a mis en lumière une vulnérabilité critique du marché : l’effet de levier et les positions surchargées, plutôt qu’un réalignement fondamental, ont été à l’origine du mouvement. Les traders de contrats à terme avaient accumulé des positions agressives sur l’or et l’argent, avec certains levier allant jusqu’à 50x ou 100x. Après des rallyes de plusieurs années ayant porté l’or d’environ 160 % et l’argent de près de 380 %, même de modestes baisses de prix ont déclenché des liquidations forcées en cascade et des appels de marge. La pression s’est intensifiée lorsque le CME a augmenté les marges sur les contrats de métaux précieux jusqu’à 47 %, accélérant la vente mécanique dans un contexte de liquidité limitée.

De Microsoft aux métaux : comment une défaillance a déclenché une panique multi-actifs

La chute de Microsoft a déclenché une réaction en chaîne dans les classes d’actifs corrélées. La vente liée aux indices s’est accélérée à mesure que les principaux benchmarks déclinaient, tandis que les fonds ciblant la volatilité ont commencé à réduire leur risque sur tous les types d’actifs. À mesure que les matrices de corrélation se resserraient et que la vente systématique s’intensifiait, les métaux précieux — déjà tendus par des positions longues surchargées — ont chuté en même temps que les actions et les obligations.

Il est important de noter que cet épisode ne provient pas de surprises liées à la politique de la Fed, d’une escalade géopolitique ou de changements dans les orientations des banques centrales. Il s’agit plutôt d’un reset du bilan, déclenché par des attentes de croissance plus faibles, des cycles de dépenses en capital élevés, et un effet de levier excessif accumulé sur des positions surchargées. Lorsque la découverte des prix se détraque dans de telles conditions, les marchés ne s’ajustent pas progressivement : ils gapent violemment.

Le cadre or/M2 mis à l’épreuve : cette métrique de valorisation est-elle toujours pertinente ?

Le débat suscité par l’analyse de Cathie Wood soulève une question plus large : les métriques financières traditionnelles conservent-elles leur pouvoir prédictif ? Alors que le cadre de l’or en M2 de Wood suggère une valorisation extrême, certains critiques soutiennent que le système monétaire lui-même s’est transformé au point que de tels agrégats ne peuvent plus fournir de signaux fiables. Selon eux, le graphique pourrait refléter moins une bulle de l’or qu’une perte de stabilité informationnelle de M2 dans un système fracturé, dispersé à travers plusieurs rails de paiement et canaux de collatéral.

Ce désaccord met en évidence une tension dans l’analyse moderne des marchés : à mesure que les structures financières évoluent, les cadres d’évaluation doivent également s’adapter. Que l’avertissement de Cathie Wood s’avère prémonitoire ou que sa métrique devienne obsolète, cela restera une question qui pourrait bien définir les décisions d’allocation d’actifs dans les trimestres à venir.

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