L’évolution récente des prix sur les principaux benchmarks du sucre reflète la montée des vents contraires du côté de l’offre. Les contrats à terme sur le sucre #11 de NY pour mars (SBH26) ont chuté de 1,54 % lors de la séance de vendredi, tandis que le sucre blanc ICE de Londres #5 (SWH26) a diminué de 1,64 %, les deux répondant à un marché mondial de plus en plus saturé. Ces mouvements de prix du sucre traduisent une inquiétude croissante quant à une production excédentaire qui incline fortement l’équilibre offre-demande vers l’abondance en 2025-26.
Le marché international du sucre subit une double pression : des records de production à court terme pèsent sur les valorisations actuelles, tandis qu’un resserrement de l’offre à plus long terme pourrait éventuellement soutenir les prix. Comprendre ces courants contraires nécessite d’examiner la dynamique régionale de la production qui façonne la production mondiale.
Le Brésil enregistre une production record, intensifiant la baisse des prix du sucre
Les chiffres de production brésiliens dominent les perspectives à court terme des prix du sucre. Unica, l’association de l’industrie de la canne à sucre au Brésil, a rapporté qu’en décembre, la production de sucre du Centre-Sud pour le cycle 2025-26 a atteint 40,222 millions de tonnes métriques (MMT), en hausse de 0,9 % par rapport à l’année précédente. Plus significatif encore, la proportion de canne broyée pour le sucre est passée à 50,82 % contre 48,16 % l’année précédente, indiquant un changement stratégique vers la production de sucre plutôt que d’éthanol.
L’autorité de prévision des récoltes au Brésil, Conab, a encore relevé ses attentes, projetant une production pour 2025-26 à 45 MMT, en hausse par rapport à l’estimation précédente de 44,5 MMT. Cette trajectoire record exerce une pression constante à la baisse sur les prix du sucre sur les marchés d’exportation. Cependant, un point d’inflexion critique semble se profiler : Safras & Mercado, une société de conseil en matières premières, prévoit que la production de 2026-27 se contractera de 3,91 %, pour atteindre 41,8 MMT, avec des exportations en baisse de 11 % par rapport à l’année précédente, à 30 MMT. Ce resserrement potentiel constitue un facteur de stabilisation possible pour les prix du sucre au-delà de l’année en cours.
L’Inde redéfinit la dynamique des exportations et l’allocation de l’offre
L’Inde, deuxième plus grand producteur mondial de sucre, exerce une pression inattendue sur l’offre par le biais de changements dans la politique d’exportation. L’India Sugar Mill Association (ISMA) a rapporté qu’en début de saison, de 1er octobre à mi-janvier, la production a atteint 15,9 MMT, en hausse de 22 % par rapport à l’année précédente. ISMA a par la suite relevé ses prévisions de production pour l’année complète 2025-26 à 31 MMT, contre 30 MMT précédemment, reflétant une augmentation de 18,8 % par rapport à l’année précédente, due à des conditions de mousson favorables et à une extension des superficies cultivées.
Un détail crucial concerne la réorientation de l’allocation d’éthanol en Inde : l’ISMA a réduit son estimation de la part de sucre destinée à la production d’éthanol à 3,4 MMT, contre une estimation antérieure de 5 MMT. Cette réduction libère du sucre supplémentaire pour les marchés d’exportation. Le gouvernement indien a autorisé 1,5 MMT d’exportations de sucre pour 2025-26, assouplissant les restrictions de quota imposées en 2022-23 lorsque la production avait resserré l’offre. La perspective d’un afflux de sucre sur les marchés d’exportation crée des vents contraires pour les prix du sucre à l’échelle mondiale.
Dynamiques du marché : positionnement excessif et calculs de surplus
Une mesure du positionnement actuel du marché révèle une vulnérabilité à une nouvelle baisse des prix du sucre. Le rapport Commitment of Traders (COT) pour la semaine se terminant le 20 janvier montre que les fonds ont accumulé des positions longues nettes sur les contrats à terme de sucre blanc ICE de Londres à un niveau record de 49 022 contrats, en hausse de 819 par rapport à la semaine précédente — le niveau le plus élevé depuis le début de la collecte des données en 2011. Ce positionnement excessivement haussier augmente le risque qu’un sentiment négatif supplémentaire déclenche une forte pression vendeuse.
Les projections de surplus de plusieurs prévisionnistes soulignent le contexte baissier. Covrig Analytics a relevé son estimation du surplus mondial de sucre pour 2025-26 à 4,7 MMT, contre 4,1 MMT en octobre. L’Organisation Internationale du Sucre (ISO) prévoit un surplus de 1,625 million de MT pour 2025-26, contre un déficit de 2,916 millions de MT en 2024-25, le surplus étant principalement dû à l’Inde, la Thaïlande et le Pakistan. Plus frappant encore, le trader de sucre Czarnikow a porté son surplus mondial pour 2025-26 à 8,7 MMT, en hausse de 1,2 MMT par rapport à une estimation de septembre de 7,5 MMT.
La Thaïlande et la production mondiale record amplifient la pression sur les prix du sucre
La Thaïlande, troisième producteur mondial et deuxième exportateur, contribue également à l’accumulation de l’offre mondiale. La Thai Sugar Millers Corp a prévu que la production de 2025-26 augmentera de 5 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre 10,5 MMT. Cette croissance de la production, combinée à celle du Brésil et de l’Inde, garantit une disponibilité suffisante pour l’exportation.
La prévision du USDA de décembre résume l’ampleur de l’afflux d’offre : la production mondiale de 2025-26 devrait augmenter de 4,6 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre un record de 189,318 MMT, tandis que la consommation humaine ne devrait croître que de 1,4 %, pour atteindre 177,921 MMT. Les stocks de fin d’année mondiaux diminueront de 2,9 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre 41,188 MMT, mais cette réduction ne sera pas suffisante pour absorber la croissance de la production. Le Service Agricole Étranger du USDA prévoit également que la production du Brésil atteindra un record de 44,7 MMT, et celle de l’Inde 35,25 MMT (une hausse de 25 % par rapport à l’année précédente), tandis que la Thaïlande atteindra 10,25 MMT.
Perspectives : quand la dynamique de l’offre pourrait soutenir les prix du sucre
La transition de 2025-26 à 2026-27 représente un changement crucial dans la dynamique des prix du sucre. Covrig Analytics prévoit que le surplus mondial de sucre pour 2026-27 se contractera à 1,4 MMT, ce qui constitue un resserrement significatif par rapport aux projections actuelles. À mesure que des prix faibles du sucre découragent l’investissement dans la production, la croissance de l’offre ralentira naturellement, soutenant progressivement les prix avec le temps.
Le marché baissier actuel du sucre reflète un phénomène temporaire : un alignement des prévisions de production record dans plusieurs régions. Pour les traders et les acteurs du marché axés sur le positionnement à long terme, la future contrainte d’offre en 2026-27 offre un contrepoids aux pressions actuelles sur les prix du sucre. Cependant, à court terme, le poids des abondantes supplies mondiales continue de dominer le sentiment et l’action des prix.
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Les pressions sur le prix mondial du sucre s'intensifient alors que les prévisions de production s'envolent
L’évolution récente des prix sur les principaux benchmarks du sucre reflète la montée des vents contraires du côté de l’offre. Les contrats à terme sur le sucre #11 de NY pour mars (SBH26) ont chuté de 1,54 % lors de la séance de vendredi, tandis que le sucre blanc ICE de Londres #5 (SWH26) a diminué de 1,64 %, les deux répondant à un marché mondial de plus en plus saturé. Ces mouvements de prix du sucre traduisent une inquiétude croissante quant à une production excédentaire qui incline fortement l’équilibre offre-demande vers l’abondance en 2025-26.
Le marché international du sucre subit une double pression : des records de production à court terme pèsent sur les valorisations actuelles, tandis qu’un resserrement de l’offre à plus long terme pourrait éventuellement soutenir les prix. Comprendre ces courants contraires nécessite d’examiner la dynamique régionale de la production qui façonne la production mondiale.
Le Brésil enregistre une production record, intensifiant la baisse des prix du sucre
Les chiffres de production brésiliens dominent les perspectives à court terme des prix du sucre. Unica, l’association de l’industrie de la canne à sucre au Brésil, a rapporté qu’en décembre, la production de sucre du Centre-Sud pour le cycle 2025-26 a atteint 40,222 millions de tonnes métriques (MMT), en hausse de 0,9 % par rapport à l’année précédente. Plus significatif encore, la proportion de canne broyée pour le sucre est passée à 50,82 % contre 48,16 % l’année précédente, indiquant un changement stratégique vers la production de sucre plutôt que d’éthanol.
L’autorité de prévision des récoltes au Brésil, Conab, a encore relevé ses attentes, projetant une production pour 2025-26 à 45 MMT, en hausse par rapport à l’estimation précédente de 44,5 MMT. Cette trajectoire record exerce une pression constante à la baisse sur les prix du sucre sur les marchés d’exportation. Cependant, un point d’inflexion critique semble se profiler : Safras & Mercado, une société de conseil en matières premières, prévoit que la production de 2026-27 se contractera de 3,91 %, pour atteindre 41,8 MMT, avec des exportations en baisse de 11 % par rapport à l’année précédente, à 30 MMT. Ce resserrement potentiel constitue un facteur de stabilisation possible pour les prix du sucre au-delà de l’année en cours.
L’Inde redéfinit la dynamique des exportations et l’allocation de l’offre
L’Inde, deuxième plus grand producteur mondial de sucre, exerce une pression inattendue sur l’offre par le biais de changements dans la politique d’exportation. L’India Sugar Mill Association (ISMA) a rapporté qu’en début de saison, de 1er octobre à mi-janvier, la production a atteint 15,9 MMT, en hausse de 22 % par rapport à l’année précédente. ISMA a par la suite relevé ses prévisions de production pour l’année complète 2025-26 à 31 MMT, contre 30 MMT précédemment, reflétant une augmentation de 18,8 % par rapport à l’année précédente, due à des conditions de mousson favorables et à une extension des superficies cultivées.
Un détail crucial concerne la réorientation de l’allocation d’éthanol en Inde : l’ISMA a réduit son estimation de la part de sucre destinée à la production d’éthanol à 3,4 MMT, contre une estimation antérieure de 5 MMT. Cette réduction libère du sucre supplémentaire pour les marchés d’exportation. Le gouvernement indien a autorisé 1,5 MMT d’exportations de sucre pour 2025-26, assouplissant les restrictions de quota imposées en 2022-23 lorsque la production avait resserré l’offre. La perspective d’un afflux de sucre sur les marchés d’exportation crée des vents contraires pour les prix du sucre à l’échelle mondiale.
Dynamiques du marché : positionnement excessif et calculs de surplus
Une mesure du positionnement actuel du marché révèle une vulnérabilité à une nouvelle baisse des prix du sucre. Le rapport Commitment of Traders (COT) pour la semaine se terminant le 20 janvier montre que les fonds ont accumulé des positions longues nettes sur les contrats à terme de sucre blanc ICE de Londres à un niveau record de 49 022 contrats, en hausse de 819 par rapport à la semaine précédente — le niveau le plus élevé depuis le début de la collecte des données en 2011. Ce positionnement excessivement haussier augmente le risque qu’un sentiment négatif supplémentaire déclenche une forte pression vendeuse.
Les projections de surplus de plusieurs prévisionnistes soulignent le contexte baissier. Covrig Analytics a relevé son estimation du surplus mondial de sucre pour 2025-26 à 4,7 MMT, contre 4,1 MMT en octobre. L’Organisation Internationale du Sucre (ISO) prévoit un surplus de 1,625 million de MT pour 2025-26, contre un déficit de 2,916 millions de MT en 2024-25, le surplus étant principalement dû à l’Inde, la Thaïlande et le Pakistan. Plus frappant encore, le trader de sucre Czarnikow a porté son surplus mondial pour 2025-26 à 8,7 MMT, en hausse de 1,2 MMT par rapport à une estimation de septembre de 7,5 MMT.
La Thaïlande et la production mondiale record amplifient la pression sur les prix du sucre
La Thaïlande, troisième producteur mondial et deuxième exportateur, contribue également à l’accumulation de l’offre mondiale. La Thai Sugar Millers Corp a prévu que la production de 2025-26 augmentera de 5 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre 10,5 MMT. Cette croissance de la production, combinée à celle du Brésil et de l’Inde, garantit une disponibilité suffisante pour l’exportation.
La prévision du USDA de décembre résume l’ampleur de l’afflux d’offre : la production mondiale de 2025-26 devrait augmenter de 4,6 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre un record de 189,318 MMT, tandis que la consommation humaine ne devrait croître que de 1,4 %, pour atteindre 177,921 MMT. Les stocks de fin d’année mondiaux diminueront de 2,9 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre 41,188 MMT, mais cette réduction ne sera pas suffisante pour absorber la croissance de la production. Le Service Agricole Étranger du USDA prévoit également que la production du Brésil atteindra un record de 44,7 MMT, et celle de l’Inde 35,25 MMT (une hausse de 25 % par rapport à l’année précédente), tandis que la Thaïlande atteindra 10,25 MMT.
Perspectives : quand la dynamique de l’offre pourrait soutenir les prix du sucre
La transition de 2025-26 à 2026-27 représente un changement crucial dans la dynamique des prix du sucre. Covrig Analytics prévoit que le surplus mondial de sucre pour 2026-27 se contractera à 1,4 MMT, ce qui constitue un resserrement significatif par rapport aux projections actuelles. À mesure que des prix faibles du sucre découragent l’investissement dans la production, la croissance de l’offre ralentira naturellement, soutenant progressivement les prix avec le temps.
Le marché baissier actuel du sucre reflète un phénomène temporaire : un alignement des prévisions de production record dans plusieurs régions. Pour les traders et les acteurs du marché axés sur le positionnement à long terme, la future contrainte d’offre en 2026-27 offre un contrepoids aux pressions actuelles sur les prix du sucre. Cependant, à court terme, le poids des abondantes supplies mondiales continue de dominer le sentiment et l’action des prix.