En 2012, la Silk Road a été piratée, et 50 000 bitcoins ont disparu dans la nature. Cette somme a laissé une empreinte numérique sur la blockchain, atteignant une valeur de plus de 3 milliards de dollars à son apogée, devenant l’une des affaires les plus mystérieuses de l’histoire des cryptomonnaies. Ce n’est qu’en 2019 qu’un simple appel au 911 a finalement permis de révéler la vérité derrière ce vol colossal.
Le double rôle du garçon de fête et du mystérieux hacker
À Athens, en Géorgie, James Zhong est une figure bien connue — un milliardaire dépensier. Il loue une petite maison en dehors de l’université, mais fréquente des hôtels 5 étoiles comme le Ritz-Carlton ou le Plaza. Il achète tour à tour des boissons pour tout un bar, dépensant des centaines de dollars qui disparaissent instantanément dans la gorge des convives. En 2018, lorsque l’équipe de football des Georgia Bulldogs a remporté le Rose Bowl, il a dépensé sans compter — louant un jet privé, un Airbnb de luxe, et offrant à chaque ami 10 000 dollars en crédits shopping.
Pourtant, ce roi de la fête, qui semble dépenser sans compter, n’a aucune source de revenu visible. Il affirme être entré dans le monde du Bitcoin dès 2009, se vantant d’avoir miné plusieurs milliers de coins dès les débuts de cette technologie. En réalité, James Zhong est bel et bien un “OG” — un vétéran du Bitcoin — ayant contribué au code source de Bitcoin et proposé des idées pour optimiser la blockchain lors de ses premières phases. La double vie d’un technologue se dévoile doucement.
Le tournant de 2019 : le mensonge éclate
Le soir du 13 mars 2019, à 28 ans, James Zhong appelle le 911. Il prétend que des cryptomonnaies d’une valeur de plusieurs dizaines de milliers de dollars ont été volées chez lui, et il explique, en parlant précipitamment, qu’il est en pleine crise de panique. Cet appel déclenche une enquête locale, mais le commissariat d’Athens-Clarke connaît peu de choses sur l’univers des cryptos, et l’affaire stagne.
Zhong engage alors un détective privé, Robin Martinielli. Ancienne vice-shérif, aujourd’hui en charge de la surveillance avec une prothèse, elle commence par examiner les vidéos de surveillance de la maison. Elle repère une silhouette élancée, étrangement familière avec la résidence. Elle suspecte que le voleur pourrait être un proche ou un ami de Zhong — un groupe qu’elle décrit comme “très décontracté, plastique, peu concerné”, profitant de la générosité de Zhong.
Finalement, elle cible un suspect, pensant qu’il aurait volé 150 bitcoins (d’une valeur proche de 600 000 dollars à l’époque). Mais Zhong refuse cette conclusion. Elle se souvient : “Jimmy veut être aimé, Jimmy veut des amis.” Il ne peut supporter la trahison de ses proches.
La mise en place par les agents fédéraux : la vérité émerge
Pendant que la police locale piétine, des agents du Service des impôts américains (IRS-CI) découvrent des indices. Chainalysis, une société d’analyse de blockchain, repère que des fonds volés d’une valeur d’environ 800 dollars ont été transférés vers une plateforme d’échange crypto qui applique la procédure “Know Your Customer” (KYC). Le compte est enregistré au nom de Zhong, et la transaction date de septembre 2019 — soit six mois après son appel au 911.
Ce fil relie cette vieille affaire à la nouvelle. Les agents de l’IRS-CI, Trevor McAleenan et Shaun MaGruder, décident de tendre un piège. Ils contactent la police d’Athens et élaborent un plan : se faire passer pour des enquêteurs cherchant à résoudre le vol de Zhong, tout en vérifiant s’il est le véritable voleur de Silk Road.
La perquisition : des preuves en abondance
Selon les images de caméras portables, lorsque ces trois enquêteurs frappent à la porte de Zhong, située au bord du lac Gaineville, il les accueille chaleureusement. Il croit que ces “assistants” sont là pour l’aider à résoudre son problème de bitcoins, et il les invite même à une fête en guise de remerciement.
Lors de leur inspection, ils recherchent discrètement des pièces secrètes ou des dispositifs cachés. Ils examinent le bar et la barre de danse dans le sous-sol, scrutant chaque détail du système de sécurité. Quand Zhong doit ouvrir son ordinateur portable, MaGruder découvre avec surprise que celui-ci contient des portefeuilles Bitcoin d’une valeur de 60 à 70 millions de dollars.
Cette première visite leur permet d’obtenir un mandat de perquisition fédéral. Le 9 novembre 2021, toute l’équipe revient. McAleenan avoue à Zhong : “Je suis en fait l’agent du IRS-CI Trevor McAleenan. Nous avons un mandat fédéral pour fouiller votre maison.” Zhong affiche une expression figée, comme s’il venait d’être victime d’une “blague”.
La perquisition révèle des secrets stupéfiants. Dans une boîte à popcorn dans le placard du haut, les agents découvrent un ordinateur contenant des millions de dollars en bitcoins. Un chien détecteur entraîné repère un coffre-fort enterré sous le sol en béton du sous-sol, rempli de métaux précieux, de liasses de billets et de bitcoins physiques. La pièce maîtresse : un portefeuille Bitcoin lié à l’attaque initiale de Silk Road en 2012.
Le procès et la fin : une vieille histoire de 2009
McAleenan se remémore : “On peut dire qu’on a réussi tard dans la nuit. La maison était illuminée, tous les agents étaient ravis.” Les enquêteurs découvrent aussi une autre vérité bouleversante : James Zhong est une figure clé de l’histoire du Bitcoin.
Dès 2009, année de la naissance de Bitcoin, Zhong faisait partie des développeurs principaux. Bien que sa contribution soit moindre comparée à celle des autres OG célèbres, il a bel et bien participé au code original de Bitcoin. Un des pionniers de cette révolution technologique, qui est finalement devenu l’un de ses plus grands voleurs — une ironie ultime dans l’histoire du Bitcoin.
Après avoir plaidé coupable, Zhong a été condamné à un an et un jour de prison. À 33 ans, il commence à purger sa peine le 14 juillet 2023, à la prison fédérale de Montgomery, en Alabama. Lors de l’audience, il confie au juge que posséder des milliards de dollars en bitcoins volés lui a donné un sentiment de grandeur.
Le gouvernement américain a finalement confisqué toutes ses possessions. Selon la procédure de confiscation, les victimes peuvent demander à récupérer leurs bitcoins volés. Mais la majorité des utilisateurs de Silk Road en 2012 étaient des trafiquants de drogue et leurs clients, personne ne s’est manifesté pour réclamer le butin. Le gouvernement fédéral a rapidement liquidé ces bitcoins, récoltant plus de 3 milliards de dollars. Une partie des bénéfices a été partagée avec le commissariat d’Athens-Clarke, en reconnaissance du travail des forces de l’ordre locales.
L’écrivain de technologie Nathaniel Popper, dans son livre “Digital Gold”, souligne que l’histoire de Zhong illustre parfaitement l’essence de la culture Bitcoin — “un rassemblement d’individus excentriques et anticonformistes.” Un adepte du Bitcoin vole des bitcoins à un autre adepte, ce qui n’est finalement qu’une caricature ultime de cette technologie — une liberté décentralisée, mais aussi un chaos et des risques cachés.
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Des développeurs de Bitcoin à voleur légendaire : comment James Zhong a détourné 3 milliards de dollars en dix ans
En 2012, la Silk Road a été piratée, et 50 000 bitcoins ont disparu dans la nature. Cette somme a laissé une empreinte numérique sur la blockchain, atteignant une valeur de plus de 3 milliards de dollars à son apogée, devenant l’une des affaires les plus mystérieuses de l’histoire des cryptomonnaies. Ce n’est qu’en 2019 qu’un simple appel au 911 a finalement permis de révéler la vérité derrière ce vol colossal.
Le double rôle du garçon de fête et du mystérieux hacker
À Athens, en Géorgie, James Zhong est une figure bien connue — un milliardaire dépensier. Il loue une petite maison en dehors de l’université, mais fréquente des hôtels 5 étoiles comme le Ritz-Carlton ou le Plaza. Il achète tour à tour des boissons pour tout un bar, dépensant des centaines de dollars qui disparaissent instantanément dans la gorge des convives. En 2018, lorsque l’équipe de football des Georgia Bulldogs a remporté le Rose Bowl, il a dépensé sans compter — louant un jet privé, un Airbnb de luxe, et offrant à chaque ami 10 000 dollars en crédits shopping.
Pourtant, ce roi de la fête, qui semble dépenser sans compter, n’a aucune source de revenu visible. Il affirme être entré dans le monde du Bitcoin dès 2009, se vantant d’avoir miné plusieurs milliers de coins dès les débuts de cette technologie. En réalité, James Zhong est bel et bien un “OG” — un vétéran du Bitcoin — ayant contribué au code source de Bitcoin et proposé des idées pour optimiser la blockchain lors de ses premières phases. La double vie d’un technologue se dévoile doucement.
Le tournant de 2019 : le mensonge éclate
Le soir du 13 mars 2019, à 28 ans, James Zhong appelle le 911. Il prétend que des cryptomonnaies d’une valeur de plusieurs dizaines de milliers de dollars ont été volées chez lui, et il explique, en parlant précipitamment, qu’il est en pleine crise de panique. Cet appel déclenche une enquête locale, mais le commissariat d’Athens-Clarke connaît peu de choses sur l’univers des cryptos, et l’affaire stagne.
Zhong engage alors un détective privé, Robin Martinielli. Ancienne vice-shérif, aujourd’hui en charge de la surveillance avec une prothèse, elle commence par examiner les vidéos de surveillance de la maison. Elle repère une silhouette élancée, étrangement familière avec la résidence. Elle suspecte que le voleur pourrait être un proche ou un ami de Zhong — un groupe qu’elle décrit comme “très décontracté, plastique, peu concerné”, profitant de la générosité de Zhong.
Finalement, elle cible un suspect, pensant qu’il aurait volé 150 bitcoins (d’une valeur proche de 600 000 dollars à l’époque). Mais Zhong refuse cette conclusion. Elle se souvient : “Jimmy veut être aimé, Jimmy veut des amis.” Il ne peut supporter la trahison de ses proches.
La mise en place par les agents fédéraux : la vérité émerge
Pendant que la police locale piétine, des agents du Service des impôts américains (IRS-CI) découvrent des indices. Chainalysis, une société d’analyse de blockchain, repère que des fonds volés d’une valeur d’environ 800 dollars ont été transférés vers une plateforme d’échange crypto qui applique la procédure “Know Your Customer” (KYC). Le compte est enregistré au nom de Zhong, et la transaction date de septembre 2019 — soit six mois après son appel au 911.
Ce fil relie cette vieille affaire à la nouvelle. Les agents de l’IRS-CI, Trevor McAleenan et Shaun MaGruder, décident de tendre un piège. Ils contactent la police d’Athens et élaborent un plan : se faire passer pour des enquêteurs cherchant à résoudre le vol de Zhong, tout en vérifiant s’il est le véritable voleur de Silk Road.
La perquisition : des preuves en abondance
Selon les images de caméras portables, lorsque ces trois enquêteurs frappent à la porte de Zhong, située au bord du lac Gaineville, il les accueille chaleureusement. Il croit que ces “assistants” sont là pour l’aider à résoudre son problème de bitcoins, et il les invite même à une fête en guise de remerciement.
Lors de leur inspection, ils recherchent discrètement des pièces secrètes ou des dispositifs cachés. Ils examinent le bar et la barre de danse dans le sous-sol, scrutant chaque détail du système de sécurité. Quand Zhong doit ouvrir son ordinateur portable, MaGruder découvre avec surprise que celui-ci contient des portefeuilles Bitcoin d’une valeur de 60 à 70 millions de dollars.
Cette première visite leur permet d’obtenir un mandat de perquisition fédéral. Le 9 novembre 2021, toute l’équipe revient. McAleenan avoue à Zhong : “Je suis en fait l’agent du IRS-CI Trevor McAleenan. Nous avons un mandat fédéral pour fouiller votre maison.” Zhong affiche une expression figée, comme s’il venait d’être victime d’une “blague”.
La perquisition révèle des secrets stupéfiants. Dans une boîte à popcorn dans le placard du haut, les agents découvrent un ordinateur contenant des millions de dollars en bitcoins. Un chien détecteur entraîné repère un coffre-fort enterré sous le sol en béton du sous-sol, rempli de métaux précieux, de liasses de billets et de bitcoins physiques. La pièce maîtresse : un portefeuille Bitcoin lié à l’attaque initiale de Silk Road en 2012.
Le procès et la fin : une vieille histoire de 2009
McAleenan se remémore : “On peut dire qu’on a réussi tard dans la nuit. La maison était illuminée, tous les agents étaient ravis.” Les enquêteurs découvrent aussi une autre vérité bouleversante : James Zhong est une figure clé de l’histoire du Bitcoin.
Dès 2009, année de la naissance de Bitcoin, Zhong faisait partie des développeurs principaux. Bien que sa contribution soit moindre comparée à celle des autres OG célèbres, il a bel et bien participé au code original de Bitcoin. Un des pionniers de cette révolution technologique, qui est finalement devenu l’un de ses plus grands voleurs — une ironie ultime dans l’histoire du Bitcoin.
Après avoir plaidé coupable, Zhong a été condamné à un an et un jour de prison. À 33 ans, il commence à purger sa peine le 14 juillet 2023, à la prison fédérale de Montgomery, en Alabama. Lors de l’audience, il confie au juge que posséder des milliards de dollars en bitcoins volés lui a donné un sentiment de grandeur.
Le gouvernement américain a finalement confisqué toutes ses possessions. Selon la procédure de confiscation, les victimes peuvent demander à récupérer leurs bitcoins volés. Mais la majorité des utilisateurs de Silk Road en 2012 étaient des trafiquants de drogue et leurs clients, personne ne s’est manifesté pour réclamer le butin. Le gouvernement fédéral a rapidement liquidé ces bitcoins, récoltant plus de 3 milliards de dollars. Une partie des bénéfices a été partagée avec le commissariat d’Athens-Clarke, en reconnaissance du travail des forces de l’ordre locales.
L’écrivain de technologie Nathaniel Popper, dans son livre “Digital Gold”, souligne que l’histoire de Zhong illustre parfaitement l’essence de la culture Bitcoin — “un rassemblement d’individus excentriques et anticonformistes.” Un adepte du Bitcoin vole des bitcoins à un autre adepte, ce qui n’est finalement qu’une caricature ultime de cette technologie — une liberté décentralisée, mais aussi un chaos et des risques cachés.