Les contrats à terme sur le pétrole brut et les produits raffinés connaissent aujourd’hui une dynamique haussière notable, avec le pétrole brut WTI de février progressant de +1,77% pour atteindre des niveaux plus élevés, tandis que le gazoline RBOB de février grimpe de +2,57%. Ce rallye reflète une confluence de facteurs haussiers qui alimentent le complexe énergétique, bien que des vents contraires persistent en raison du renforcement des marchés monétaires et de l’évolution des dynamiques géopolitiques autour de l’approvisionnement mondial en pétrole.
Signaux de la demande stimulent l’optimisme à court terme
Le principal catalyseur de la séance provient d’indicateurs économiques américains meilleurs que prévu, signalant une consommation d’énergie résiliente. Les données du marché du travail publiées aujourd’hui ont montré une baisse de -8,3% en décembre des suppressions d’emplois Challenger par rapport à l’année précédente, à 35 553, atteignant un niveau minimal en 17 mois, tandis que les demandes hebdomadaires d’allocations chômage initiales ont augmenté modestement à 208 000, en dessous des prévisions de 212 000. Les indicateurs de productivité ont également impressionné, avec une croissance de +4,9% de la productivité non agricole au T3, approchant les attentes consensuelles et représentant la plus forte progression sur deux ans.
Tout aussi significatif, la mécanique de rééquilibrage des indices de matières premières offre un soutien structurel. Citigroup prévoit que les indices BCOM et S&P GSCI absorberont environ 2,2 milliards de dollars d’inflows de contrats à terme au cours de la semaine à venir, alors que ces principaux indices procèdent à leur repositionnement annuel. Cette pression systématique d’achat fournit généralement un soutien durable aux contrats à terme sur l’énergie pendant la période de rééquilibrage.
Concernant la demande, les importations chinoises de brut en décembre devraient augmenter de +10% par rapport au mois précédent, atteignant un record de 12,2 millions de barils par jour, alors que Pékin reconstitue ses stocks stratégiques, selon Kpler. Cette demande robuste du plus grand importateur de brut au monde offre un soutien significatif à la structure des prix.
Dynamiques d’offre présentent des signaux mitigés
L’équation de l’offre reste plus complexe. Des développements récents au Venezuela ont introduit de la volatilité après que les États-Unis ont annoncé mercredi un relâchement sélectif des sanctions, permettant le transport et la vente de brut vénézuélien sur les marchés internationaux. La perspective de cette offre auparavant isolée réintégrant les flux mondiaux a incité à une prise de bénéfices, bien que la production de brut vénézuélien reste limitée à la douzième position parmi les membres de l’OPEP.
Les opérations militaires ukrainiennes continuent de cibler les infrastructures de raffinage russes et le transport maritime, avec au moins 28 raffineries russes touchées par des attaques de drones et de missiles au cours des quatre derniers mois et six navires attaqués en mer Baltique depuis fin novembre. Ces perturbations de l’offre, combinées à des régimes de sanctions étendus de la part des États-Unis et de l’UE, continuent de limiter la capacité d’exportation russe et de maintenir un environnement de baril marginal plus serré malgré des prévisions de surplus plus larges.
L’OPEP+ a manifesté sa détermination à maintenir la discipline de production, confirmant dimanche son engagement à faire une pause dans l’augmentation de la production tout au long du premier trimestre 2026, après une reprise par les membres suite à la pause précédente, suite aux réductions de 2,2 millions de b/j annoncées début 2024. La production actuelle de brut de l’OPEP s’élève à 29,03 millions de b/j, soit une progression modérée de +40 000 b/j par mois.
Pressions de surplus à plus long terme
Cependant, les vents contraires structurels obscurcissent la perspective intermédiaire. Morgan Stanley a revu à la baisse ses prévisions pour le premier trimestre, le prix du brut à 57,50 dollars le baril contre une précédente estimation de $60 dollars, et a réduit ses attentes pour le deuxième trimestre à $55 contre 60 dollars, en raison des anticipations d’un excédent mondial croissant. La banque d’investissement prévoit que le pic de surplus arrivera à mi-année.
Les évaluations officielles des stocks renforcent cette narration de surplus. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit un surplus mondial record de 4,0 millions de b/j en 2026, et le mois dernier, l’OPEP a révisé ses perspectives pour le marché pétrolier mondial du troisième trimestre, passant d’un déficit prévu à un surplus de 500 000 b/j — une variation de 900 000 b/j par rapport à l’estimation de déficit de -400 000 b/j du mois précédent. Par ailleurs, l’Energy Information Administration (EIA) a relevé ses prévisions de production américaine de brut pour 2025 à 13,59 millions de b/j contre 13,53 millions de b/j, ce qui exerce une pression supplémentaire sur l’offre en aval.
Les données hebdomadaires sur le pétrole américain montrent des tendances mitigées : les stocks de brut au 2 janvier étaient -4,1% en dessous de la moyenne saisonnière sur cinq ans, tandis que les stocks d’essence étaient +1,6% au-dessus des normes saisonnières, et les stocks de distillats étaient -3,1% en dessous de la référence sur cinq ans. Par ailleurs, la production de brut aux États-Unis pour la semaine du 2 janvier a légèrement diminué de -0,1% à 13,811 millions de b/j, restant juste en dessous du record de 13,862 millions de b/j enregistré en novembre.
Courants techniques et tendances
La hausse de l’indice dollar à ses plus hauts en quatre semaines a constitué une résistance contre la hausse aujourd’hui, car une dynamique monétaire américaine plus forte pèse généralement sur la tarification des matières premières libellées en dollars. De plus, la troisième réduction mensuelle consécutive du prix du pétrole brut Arab Light livrée en février par l’Arabie Saoudite souligne la posture défensive de l’OPEP face à l’abondance attendue du marché.
Le nombre de plateformes pétrolières, quant à lui, a rebondi avec une augmentation de +3 plateformes à 412 unités pour la semaine se terminant le 2 janvier, après avoir atteint un creux de 406 plateformes en 4,25 ans le 19 décembre, bien qu’il reste nettement inférieur au pic de 627 plateformes enregistré en décembre 2022. Cette trajectoire de l’offre continue de diminuer malgré les tentatives de stabilisation récentes.
Les modèles de graphique des prix du pétrole reflètent cette lutte entre l’optimisme tactique de la demande et les attentes stratégiques de surplus, avec une dynamique à court terme équilibrée face aux vents contraires à venir, alors que les marchés mondiaux de l’énergie naviguent dans un environnement de surabondance prévu pour 2026.
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Les marchés de l'énergie connaissent une hausse grâce à la vigueur de la demande et au repositionnement stratégique de l'indice
Les contrats à terme sur le pétrole brut et les produits raffinés connaissent aujourd’hui une dynamique haussière notable, avec le pétrole brut WTI de février progressant de +1,77% pour atteindre des niveaux plus élevés, tandis que le gazoline RBOB de février grimpe de +2,57%. Ce rallye reflète une confluence de facteurs haussiers qui alimentent le complexe énergétique, bien que des vents contraires persistent en raison du renforcement des marchés monétaires et de l’évolution des dynamiques géopolitiques autour de l’approvisionnement mondial en pétrole.
Signaux de la demande stimulent l’optimisme à court terme
Le principal catalyseur de la séance provient d’indicateurs économiques américains meilleurs que prévu, signalant une consommation d’énergie résiliente. Les données du marché du travail publiées aujourd’hui ont montré une baisse de -8,3% en décembre des suppressions d’emplois Challenger par rapport à l’année précédente, à 35 553, atteignant un niveau minimal en 17 mois, tandis que les demandes hebdomadaires d’allocations chômage initiales ont augmenté modestement à 208 000, en dessous des prévisions de 212 000. Les indicateurs de productivité ont également impressionné, avec une croissance de +4,9% de la productivité non agricole au T3, approchant les attentes consensuelles et représentant la plus forte progression sur deux ans.
Tout aussi significatif, la mécanique de rééquilibrage des indices de matières premières offre un soutien structurel. Citigroup prévoit que les indices BCOM et S&P GSCI absorberont environ 2,2 milliards de dollars d’inflows de contrats à terme au cours de la semaine à venir, alors que ces principaux indices procèdent à leur repositionnement annuel. Cette pression systématique d’achat fournit généralement un soutien durable aux contrats à terme sur l’énergie pendant la période de rééquilibrage.
Concernant la demande, les importations chinoises de brut en décembre devraient augmenter de +10% par rapport au mois précédent, atteignant un record de 12,2 millions de barils par jour, alors que Pékin reconstitue ses stocks stratégiques, selon Kpler. Cette demande robuste du plus grand importateur de brut au monde offre un soutien significatif à la structure des prix.
Dynamiques d’offre présentent des signaux mitigés
L’équation de l’offre reste plus complexe. Des développements récents au Venezuela ont introduit de la volatilité après que les États-Unis ont annoncé mercredi un relâchement sélectif des sanctions, permettant le transport et la vente de brut vénézuélien sur les marchés internationaux. La perspective de cette offre auparavant isolée réintégrant les flux mondiaux a incité à une prise de bénéfices, bien que la production de brut vénézuélien reste limitée à la douzième position parmi les membres de l’OPEP.
Les opérations militaires ukrainiennes continuent de cibler les infrastructures de raffinage russes et le transport maritime, avec au moins 28 raffineries russes touchées par des attaques de drones et de missiles au cours des quatre derniers mois et six navires attaqués en mer Baltique depuis fin novembre. Ces perturbations de l’offre, combinées à des régimes de sanctions étendus de la part des États-Unis et de l’UE, continuent de limiter la capacité d’exportation russe et de maintenir un environnement de baril marginal plus serré malgré des prévisions de surplus plus larges.
L’OPEP+ a manifesté sa détermination à maintenir la discipline de production, confirmant dimanche son engagement à faire une pause dans l’augmentation de la production tout au long du premier trimestre 2026, après une reprise par les membres suite à la pause précédente, suite aux réductions de 2,2 millions de b/j annoncées début 2024. La production actuelle de brut de l’OPEP s’élève à 29,03 millions de b/j, soit une progression modérée de +40 000 b/j par mois.
Pressions de surplus à plus long terme
Cependant, les vents contraires structurels obscurcissent la perspective intermédiaire. Morgan Stanley a revu à la baisse ses prévisions pour le premier trimestre, le prix du brut à 57,50 dollars le baril contre une précédente estimation de $60 dollars, et a réduit ses attentes pour le deuxième trimestre à $55 contre 60 dollars, en raison des anticipations d’un excédent mondial croissant. La banque d’investissement prévoit que le pic de surplus arrivera à mi-année.
Les évaluations officielles des stocks renforcent cette narration de surplus. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit un surplus mondial record de 4,0 millions de b/j en 2026, et le mois dernier, l’OPEP a révisé ses perspectives pour le marché pétrolier mondial du troisième trimestre, passant d’un déficit prévu à un surplus de 500 000 b/j — une variation de 900 000 b/j par rapport à l’estimation de déficit de -400 000 b/j du mois précédent. Par ailleurs, l’Energy Information Administration (EIA) a relevé ses prévisions de production américaine de brut pour 2025 à 13,59 millions de b/j contre 13,53 millions de b/j, ce qui exerce une pression supplémentaire sur l’offre en aval.
Les données hebdomadaires sur le pétrole américain montrent des tendances mitigées : les stocks de brut au 2 janvier étaient -4,1% en dessous de la moyenne saisonnière sur cinq ans, tandis que les stocks d’essence étaient +1,6% au-dessus des normes saisonnières, et les stocks de distillats étaient -3,1% en dessous de la référence sur cinq ans. Par ailleurs, la production de brut aux États-Unis pour la semaine du 2 janvier a légèrement diminué de -0,1% à 13,811 millions de b/j, restant juste en dessous du record de 13,862 millions de b/j enregistré en novembre.
Courants techniques et tendances
La hausse de l’indice dollar à ses plus hauts en quatre semaines a constitué une résistance contre la hausse aujourd’hui, car une dynamique monétaire américaine plus forte pèse généralement sur la tarification des matières premières libellées en dollars. De plus, la troisième réduction mensuelle consécutive du prix du pétrole brut Arab Light livrée en février par l’Arabie Saoudite souligne la posture défensive de l’OPEP face à l’abondance attendue du marché.
Le nombre de plateformes pétrolières, quant à lui, a rebondi avec une augmentation de +3 plateformes à 412 unités pour la semaine se terminant le 2 janvier, après avoir atteint un creux de 406 plateformes en 4,25 ans le 19 décembre, bien qu’il reste nettement inférieur au pic de 627 plateformes enregistré en décembre 2022. Cette trajectoire de l’offre continue de diminuer malgré les tentatives de stabilisation récentes.
Les modèles de graphique des prix du pétrole reflètent cette lutte entre l’optimisme tactique de la demande et les attentes stratégiques de surplus, avec une dynamique à court terme équilibrée face aux vents contraires à venir, alors que les marchés mondiaux de l’énergie naviguent dans un environnement de surabondance prévu pour 2026.