Le comité consultatif des investisseurs de la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis a voté le 12 mars 2026 en faveur de dérogations limitées pour le commerce de titres de participation tokenisés, à condition que ces activités incluent des divulgations obligatoires, une supervision extérieure régulière et une exécution équitable des ordres pour tous les investisseurs.
Le président de la SEC, Paul Atkins, a indiqué lors de la réunion que la Commission envisagera bientôt une « dérogation à l’innovation » pour faciliter un commerce limité des titres tokenisés, dans le but de développer un cadre réglementaire à long terme qui exploite la technologie blockchain tout en protégeant les investisseurs.
Le comité consultatif des investisseurs a approuvé des recommandations favorisant l’innovation basée sur la blockchain pour le trading d’actions, à condition que l’activité respecte certaines garanties. Celles-ci incluent des divulgations obligatoires, une supervision extérieure régulière, et « une exigence selon laquelle le trading de titres de participation tokenisés doit chercher à garantir que tous les investisseurs reçoivent les meilleures conditions pour leurs ordres ».
Le document de recommandation reconnaît que la tokenisation peut améliorer l’efficacité du règlement, réduire le risque de règlement et éliminer les intermédiaires inutiles. Contrairement au trading traditionnel d’actions — qui implique des courtiers, des agents de transfert et des bases de données de règlement centralisées pouvant prendre un jour ou plus pour exécuter — les transactions sur la chaîne permettent « la livraison du titre tokenisé et le paiement pouvant se faire en une seule transaction, avec les enregistrements de propriété intégrés directement dans une seule blockchain ».
Le comité a également souligné les risques potentiels, notant que « le risque le plus important associé à la tokenisation des titres de participation est que ces réformes ou dérogations exemptives pourraient introduire de nouveaux risques que les investisseurs ne comprennent pas et imposer des coûts plus élevés qui dépassent les bénéfices de la tokenisation ».
La recommandation insiste sur le fait que les titres tokenisés restent soumis aux lois fédérales sur les valeurs mobilières, nécessitant des garanties parallèles à celles du système traditionnel.
Dans ses remarques d’ouverture lors de la réunion, le président Paul Atkins a déclaré qu’il s’attendait à ce que « la Commission envisage bientôt une exemption à l’innovation pour faciliter un commerce limité de certains titres tokenisés, dans le but de développer un cadre réglementaire à long terme ». L’exemption serait limitée dans le temps et la portée, mais suffisamment longue pour permettre l’élaboration de règles plus durables.
Atkins a noté que le groupe de travail crypto de la SEC a organisé plusieurs tables rondes, rencontré des centaines d’acteurs du marché, et reçu de nombreux soumissions écrites au cours des 13 derniers mois sur la meilleure façon d’ajuster les règles pour de nouvelles plateformes de trading.
Atkins a exposé plusieurs principes guidant l’approche de la SEC, notamment atteindre ce qu’il a appelé la « dose minimale efficace de réglementation ». Cela implique de rationaliser les règles en utilisant la matérialité comme « étoile du nord », de faire en sorte que les exigences évoluent avec la taille et la maturité des entreprises, et d’éviter une « réglementation par la honte » en matière de gouvernance d’entreprise.
Il a souligné que le mandat de la SEC est « la divulgation basée sur la matérialité, non pas l’imposition d’une orthodoxie de gouvernance par l’embarras », laissant ces décisions aux actionnaires et aux administrateurs.
La réunion de jeudi a marqué la première rencontre du comité consultatif des investisseurs de l’année. L’ordre du jour comprenait des panels sur la réduction des charges de divulgation inutiles et sur les défis rencontrés par les fonds publics pour obtenir des quorums lors des assemblées d’actionnaires.
Atkins a salué le départ de certains membres du comité, les remerciant pour leur travail « rigoureux et attentif » qui « renforce considérablement les fondations sur lesquelles nos marchés reposent ».
Le premier panel a examiné des moyens de réduire la charge de divulgation qui a considérablement augmenté ces dernières décennies. Les sujets abordés comprenaient l’adaptation des exigences à la taille et à la maturité des entreprises, et la possibilité pour celles-ci de rester sur le « ramp d’entrée en bourse » pendant un minimum d’années plutôt que d’être contraintes de sortir après la première année suivant l’offre initiale.
La recommandation du comité offre un soutien officiel au travail de la SEC sur la réglementation de la tokenisation. Avec le soutien du comité consultatif des investisseurs, Atkins a indiqué que la Commission avancera vers des règles formelles, en s’appuyant sur les retours d’industrie recueillis au cours de l’année écoulée.
Ce mouvement positionne les marchés américains pour potentiellement devenir un leader dans l’innovation des titres tokenisés, alors que d’autres juridictions explorent également des infrastructures de trading basées sur la blockchain. Nasdaq a récemment annoncé des partenariats avec Seturion et Kraken pour faire progresser le règlement tokenisé et la distribution d’actions en Europe, signalant un intérêt institutionnel croissant dans ce domaine.
Q : Que recommande le comité consultatif des investisseurs de la SEC concernant les titres tokenisés ?
R : Le comité a recommandé des dérogations limitées pour le commerce de titres de participation tokenisés, à condition qu’ils incluent des divulgations obligatoires, une supervision extérieure régulière et une exécution équitable des ordres pour tous les investisseurs. L’objectif est de permettre le trading basé sur la blockchain tout en protégeant les investisseurs.
Q : Qu’est-ce que la « dérogation à l’innovation » mentionnée par le président Atkins ?
R : La dérogation à l’innovation proposée faciliterait un commerce limité de certains titres tokenisés pour une période définie, permettant à la SEC de développer un cadre réglementaire à long terme basé sur le comportement du marché observé. Atkins a indiqué que la Commission envisagera cette dérogation prochainement.
Q : En quoi la tokenisation diffère-t-elle du trading traditionnel d’actions ?
R : Le trading traditionnel d’actions implique des courtiers, des agents de transfert et des bases de données de règlement centralisées, ce qui peut prendre un jour ou plus pour exécuter. La tokenisation permet la livraison des titres et le paiement en une seule transaction sur la blockchain, avec des enregistrements de propriété intégrés directement dans le registre, ce qui peut améliorer l’efficacité et réduire les intermédiaires.
Q : Quels risques le comité a-t-il identifié concernant les titres tokenisés ?
R : Le comité a averti que de nouvelles règles pourraient introduire des risques que les investisseurs ne comprennent pas et imposer des coûts supérieurs aux bénéfices. Il a souligné que les titres tokenisés restent soumis aux lois fédérales sur les valeurs mobilières et nécessitent des garanties parallèles à celles du système traditionnel.