
Depuis la fin février, lorsque la coalition américaine a commencé à bombarder l’Iran, le prix du Bitcoin a augmenté d’environ 6 %, surpassant largement l’or et les marchés boursiers durant la même période. La société de gestion d’actifs numériques CoinShares indique que les investisseurs institutionnels ont enregistré un flux net positif dans les produits d’actifs numériques depuis trois semaines consécutives, avec un total de 500 millions de dollars investis cette semaine.
La principale raison de la hausse du Bitcoin aujourd’hui réside dans une transformation silencieuse des flux de capitaux mondiaux. Dans un rapport adressé aux médias, Butterfill souligne deux moteurs interdépendants :
Premier : la détente des actifs refuges traditionnels : Les rendements des obligations américaines montent, ce qui, selon la logique du marché, indique que les investisseurs vendent des obligations plutôt qu’ils n’en achètent. Depuis longtemps, les obligations sont le refuge privilégié en période de crise géopolitique — lorsque la demande augmente, leur prix monte et leur rendement baisse. La tendance inverse du rendement reflète directement l’effritement de cette pratique traditionnelle de « achat d’obligations en temps de crise ».
Deux : la caractéristique non souveraine du Bitcoin brille : Butterfill explique : « Le Bitcoin tend à bien performer en période de turbulences géopolitiques, en partie parce qu’il est une réserve d’actifs non souveraine et résistante à la censure. » Lorsque le dollar, les actions américaines et les obligations américaines subissent une pression simultanée, le Bitcoin, qui n’appartient à aucun pays souverain, devient l’un des rares actifs à conserver son indépendance dans ce contexte.
De plus, Butterfill note que les indicateurs techniques jouent également un rôle de « catalyseur » — avant l’éclatement de la crise, le prix du Bitcoin approchait déjà le creux du cycle actuel, offrant un support technique à une reprise alimentée par les fondamentaux.
Les données de CoinShares révèlent la logique institutionnelle derrière la hausse du Bitcoin. Les produits d’investissement en actifs numériques ont enregistré un flux net positif pendant trois semaines consécutives, avec 500 millions de dollars investis cette semaine. Butterfill indique clairement : « Cela envoie un message clair : les investisseurs institutionnels considèrent le Bitcoin comme un actif à détenir en période d’instabilité géopolitique, plutôt que de le vendre. »
Cependant, cette confiance institutionnelle n’est pas uniformément répartie sur tous les actifs cryptographiques. CoinShares souligne également que si le budget des ménages reste sous pression, les catégories liées aux revenus disponibles — comme le trading spéculatif et les memecoins — risquent de rencontrer des résistances. En revanche, la popularité des stablecoins, soutenue par des dynamiques politiques et réglementaires, notamment sur le marché américain, demeure solide et relativement peu affectée par les chocs pétroliers.
(Source : Trading View)
D’un point de vue technique, le Bitcoin évolue depuis début février dans un triangle ascendant étroit, le prix actuel tentant de franchir la première résistance à 72 000 dollars. Voici les niveaux clés :
Résistance principale : 72 000 dollars — une clôture efficace au-dessus de ce niveau ouvrirait la voie vers 80 000, 84 000 dollars, puis 90 000 dollars.
Support 1 : 64 000 dollars — testé à deux reprises dans le triangle, ce niveau constitue une zone cruciale.
Support 2 : 60 000 dollars — dernière ligne de défense avant une rupture totale de la structure.
Un triangle ascendant indique généralement une probabilité de cassure à la baisse. Le graphique montre qu’avant un rebond significatif, le prix pourrait revenir tester la zone des 64 000 dollars. Avant que 72 000 dollars ne deviennent un support solide, cette possibilité de baisse ne doit pas être exclue.
Cette différence de performance résulte de plusieurs facteurs combinés : le Bitcoin est techniquement proche du creux du cycle, offrant un potentiel de rebond ; sa nature d’actif non souverain lui confère une prime supplémentaire en période de pression sur le dollar ; et l’achat continu par les investisseurs institutionnels, en tant que force de fixation des prix, donne à cette hausse une certaine durabilité. En revanche, la progression de l’or est limitée par la force du dollar et la hausse des rendements obligataires américains, qui exercent une pression macroéconomique sur l’or.
Une hausse des rendements pèse généralement sur les actifs sans rendement comme l’or et le Bitcoin. Cependant, cette fois, la situation est plus complexe : la hausse des rendements résulte d’un désengagement des investisseurs vis-à-vis des obligations, ce qui remet en question la confiance dans leur statut de « refuge sûr » en dollar. Dans ce contexte, une partie des capitaux se tourne vers le Bitcoin comme une alternative de stockage de valeur non souveraine, ce qui explique la hausse contre la tendance.
Une série de trois semaines de flux positifs est un signal encourageant, mais pas encore une confirmation de changement de tendance. Les données de CoinShares montrent que le comportement institutionnel évolue, mais le niveau de résistance à 72 000 dollars n’a pas encore été franchi efficacement. La structure en triangle ascendant laisse aussi envisager une possible rechute vers 64 000 dollars à court terme. La confirmation de la tendance nécessiterait une cassure durable au-dessus de 72 000 dollars, accompagnée d’un maintien des flux entrants positifs.