
Le 11 mars, Mastercard a annoncé le lancement du « Crypto Partner Program » (Programme de partenaires cryptographiques), qui dès ses débuts rassemble plus de 85 entreprises d’actifs numériques, fournisseurs de services de paiement et institutions financières traditionnelles, formant ainsi l’un des plus grands alliances de paiement basée sur la blockchain jamais créée. Le contexte immédiat de cette initiative est que le volume de transferts en stablecoins prévu pour 2025 atteindra 27,6 trillions de dollars.
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Les déclarations de Raj Dhamodharan, vice-président exécutif de Mastercard, et de Sherri Haymond, révèlent la logique centrale derrière cette démarche : les actifs numériques ont évolué, passant d’outils de spéculation à une infrastructure essentielle pour résoudre de véritables problèmes financiers, notamment les transferts transfrontaliers, les paiements interentreprises (B2B) et les systèmes de règlement à grande échelle.
Ce programme attire des partenaires couvrant tout l’écosystème crypto : Binance représente la liquidité des échanges, Circle et Paxos fournissent la base des stablecoins, Ripple se concentre sur les paiements transfrontaliers, PayPal apporte un réseau de paiement pour les consommateurs, Consensys (société mère de MetaMask) connecte les utilisateurs en gestion autonome, tandis que des blockchains publiques comme Solana, Polygon, Avalanche et Aptos offrent l’infrastructure sous-jacente.
Ce qui différencie ce projet, c’est qu’il ne s’agit pas simplement d’une intégration technique, mais d’un « forum de collaboration » — permettant aux entreprises natives du secteur crypto, aux banques traditionnelles et aux fournisseurs de services de paiement de travailler avec l’équipe spécialisée de Mastercard pour concevoir la prochaine génération de produits financiers et de scénarios de paiement.
Ce qui a motivé Mastercard à prendre cette décision stratégique, ce sont des données que le secteur traditionnel des paiements ne peut ignorer :
Transferts mondiaux en stablecoins en 2025 : 27,6 trillions de dollars, dépassant le volume total des transferts via les réseaux traditionnels de Visa et Mastercard
Volume de transactions mensuelles en février 2026 : 1,26 trillion de dollars, dont environ 70 % via USDC
Dépenses par carte liées aux stablecoins (2025) : 4,5 milliards de dollars, avec un taux de croissance annuel de 673 %
Paiements en stablecoins entre entreprises (B2B) (2025) : 226 milliards de dollars, avec une croissance annuelle de 733 %
Prévision de Mastercard : les dépenses par carte en stablecoins pourraient atteindre entre 50 et 100 milliards de dollars dans les années à venir
Ces chiffres en croissance verticale montrent que les stablecoins ne sont plus un outil réservé aux passionnés de cryptomonnaies, mais qu’ils commencent à s’imposer comme une force dominante dans le marché des paiements transfrontaliers, concurrençant des institutions traditionnelles telles que Western Union et SWIFT.
Le pilier technologique central de ce projet est le « Multi-Token Network » (MTN) de Mastercard. Conçu pour permettre la règlementation instantanée de plusieurs actifs numériques, il comble le fossé de liquidité entre le système bancaire traditionnel et l’écosystème crypto. À ce jour, JPMorgan Chase a intégré MTN pour le règlement en stablecoins, ce qui témoigne de la forte reconnaissance de cette infrastructure par les institutions financières classiques.
Les scénarios d’application concrets montrent une différence d’efficacité flagrante : une entreprise à Lagos, au Nigeria, peut utiliser des stablecoins pour payer un fournisseur à São Paulo, au Brésil, et finaliser la transaction en quelques secondes ; alors que le même paiement via le système bancaire traditionnel prend généralement de 3 à 5 jours et implique plusieurs intermédiaires avec des frais élevés.
Du côté des consommateurs, MetaMask a lancé aux États-Unis une carte de paiement en gestion autonome, permettant aux utilisateurs de détenir un contrôle total sur leurs actifs tout en effectuant des achats chez des commerçants Mastercard dans le monde entier, avec des récompenses en $mUSD stablecoin. SoFi Bank prévoit également d’utiliser son propre stablecoin, $SoFiUSD, comme monnaie de règlement sur le réseau Mastercard.
En quoi le Crypto Partner Program de Mastercard diffère-t-il de la stratégie de stablecoins de Visa ?
Visa a déjà déployé des services de règlement en stablecoins dans plus de 40 pays, en étant le premier à le faire. La stratégie de Mastercard se distingue par sa taille : en créant une alliance de plus de 85 partenaires, elle couvre un réseau de commerçants dans plus de 200 pays et régions, offrant ainsi un terrain d’application plus vaste pour la technologie blockchain. De plus, en utilisant le MTN comme infrastructure technologique standardisée, Mastercard cherche à surpasser ses concurrents en intégrité écologique.
Le volume de 27,6 trillions de dollars en transferts en stablecoins signifie-t-il qu’ils ont remplacé les paiements traditionnels ?
Ce volume, en théorie, dépasse celui des réseaux traditionnels de Visa et Mastercard, mais il inclut principalement des règlements interinstitutionnels, des règlements internes de protocoles DeFi, et d’autres transactions non destinées à la consommation. La compréhension précise est que les stablecoins infiltrent rapidement toutes les couches de l’infrastructure financière, avec une croissance particulièrement forte dans le secteur B2B transfrontalier (croissance annuelle de 733 % en 2025).
Comment les consommateurs ordinaires bénéficient-ils de l’intégration des stablecoins par Mastercard ?
Les avantages pour les consommateurs sont directs : réduction des coûts pour les paiements transfrontaliers (sans les frais élevés des virements internationaux traditionnels), obtention de récompenses accrues en stablecoins, et la possibilité d’utiliser des cartes en gestion autonome comme MetaMask tout en conservant un contrôle total sur leurs actifs. À long terme, l’amélioration de l’efficacité des paiements B2B pourrait également réduire les coûts de la chaîne d’approvisionnement, ce qui profiterait indirectement aux consommateurs par une baisse des prix.