Le 10 mars, il a été annoncé que le cadre réglementaire des stablecoins aux États-Unis se met en place progressivement. L’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) a récemment publié un projet de règle fédérale visant les émetteurs de stablecoins de paiement aux États-Unis, fournissant ainsi un cadre réglementaire pour l’émission et l’exploitation de stablecoins une fois que la loi « GENIUS » sera en vigueur.
Ce projet s’applique aux institutions sous réglementation de l’OCC qui gèrent des activités d’émission de stablecoins de paiement, y compris les banques nationales, les associations de crédit fédérales, certaines filiales de banques étrangères aux États-Unis, ainsi que les émetteurs de stablecoins fédéraux ou étatiques conformes aux exigences de la loi « GENIUS ». L’OCC indique que cette règle vise à établir une base réglementaire unifiée pour le marché des stablecoins américains et à offrir une voie claire de conformité lors de l’expansion du secteur.
Selon la définition du projet, un stablecoin de paiement est considéré comme un actif numérique pouvant être racheté à une valeur fixe. Toute institution souhaitant émettre des stablecoins aux États-Unis doit obtenir l’autorisation réglementaire appropriée. L’OCC précise également que les activités principales que peuvent exercer les émetteurs incluent l’émission de stablecoins, les services de rachat, la gestion des réserves et la garde, tandis que d’autres activités financières ne sont pas couvertes par cette autorisation.
Il est important de noter que cette règle interdit explicitement aux émetteurs de stablecoins de verser des intérêts ou des rendements aux détenteurs. Si un tiers fournit des rendements similaires via un accord de partenariat avec l’émetteur, cela sera présumé comme une violation. L’OCC explique que cette restriction vise à empêcher que les stablecoins ne soient utilisés comme des produits à intérêt déguisés, tout en évitant la concurrence avec les dépôts bancaires traditionnels.
Concernant la gestion des réserves, la réglementation exige que les émetteurs détiennent des actifs équivalents à la valeur en circulation de leurs stablecoins, tout en séparant strictement ces réserves des autres actifs de l’entreprise. Les actifs admissibles comme réserves comprennent les liquidités en dollars américains, les dépôts à vue, les obligations d’État américaines à court terme, les accords de rachat overnight soutenus par ces actifs, ainsi que certains produits de dettes tokenisées.
De plus, le cadre réglementaire impose des exigences spécifiques en matière de liquidité et de mécanismes de rachat. Les émetteurs doivent garantir que le rachat de stablecoins peut être effectué dans un délai de deux jours ouvrables, avec une politique de rachat transparente et accessible au public. En cas de modification des frais, une annonce préalable de sept jours doit être faite au marché.
En ce qui concerne les exigences de capital, les nouveaux entrants doivent disposer d’au moins 5 millions de dollars de fonds propres, ainsi que d’un fonds de réserve opérationnelle destiné à couvrir les coûts de fonctionnement de l’année précédente. Si le capital ou le niveau de garantie chute en dessous de ce seuil pendant deux trimestres consécutifs, l’émetteur doit cesser d’émettre de nouveaux stablecoins et engager une procédure de liquidation ordonnée.
Les experts du secteur estiment que ce projet de règle marque une étape plus concrète dans la mise en place du cadre réglementaire des stablecoins aux États-Unis. Avec l’avancement de la loi « GENIUS », les États-Unis tentent de construire une structure complète de régulation couvrant l’émission, la gestion des réserves, la garde et la liquidité des stablecoins.