

Le liquid staking, appelé aussi soft staking, marque une avancée par rapport au staking traditionnel grâce à une nouvelle génération de protocoles de smart contracts. Cette méthode permet aux utilisateurs d’accéder à leurs actifs verrouillés et de les mobiliser dans d’autres activités crypto, tout en continuant de recevoir des récompenses sur leurs dépôts d’origine.
L’essor de la finance décentralisée (DeFi) a accéléré l’adoption du liquid staking. Contrairement au staking traditionnel, qui impose le verrouillage total des actifs, le liquid staking offre une flexibilité accrue en délivrant des versions tokenisées des actifs stakés. Les utilisateurs peuvent alors optimiser leurs rendements en exploitant ces actifs sur plusieurs plateformes DeFi.
Ce dossier détaille le concept de liquid staking, ses mécanismes, ses avantages et inconvénients, ainsi qu’un panorama des principaux fournisseurs sur le marché actuel.
Le réseau Ethereum a joué un rôle moteur dans la naissance d’une nouvelle génération d’applications financières décentralisées. Lancé en 2015 par une équipe de huit développeurs, Ethereum s’est distingué du réseau Bitcoin originel. Vitalik Buterin, son fondateur principal, a conçu le projet pour étendre l’usage de la blockchain au-delà du simple transfert de valeur.
Eethereum s’est ainsi développé comme une cryptomonnaie ouverte et flexible, permettant la création d’applications sur son socle logiciel. Ce fonctionnement repose sur les smart contracts, des codes auto-exécutants régis par des règles prédéfinies. Le succès d’Ethereum en a fait la plateforme de référence des applications décentralisées (DApps) et des projets DeFi, ouvrant la voie à des milliers d’initiatives blockchain.
À ses débuts toutefois, Ethereum utilisait le même mécanisme de consensus que Bitcoin : Proof of Work (PoW). Ce système stimule la concurrence mondiale entre mineurs, assurant sécurité et forte décentralisation du réseau. Mais il limite la vitesse des transactions et engendre des frais élevés, surtout en cas de congestion.
En intégrant des services à valeur ajoutée, Ethereum subit par ailleurs des frais de gas importants, un débit limité et une forte consommation énergétique. Pour répondre à ces enjeux, l’équipe a lancé en décembre 2020 la transition du Proof of Work vers le Proof of Stake (PoS) avec la Beacon Chain (Ethereum 2.0).
La migration s’est achevée en septembre 2022 : Ethereum est devenu officiellement une blockchain Proof of Stake. Le réseau consomme désormais plus de 99,9% d’énergie en moins, offre une meilleure scalabilité et constitue un socle propice à l’innovation du liquid staking.
Le staking s’inspire du modèle classique des comptes d’épargne rémunérés. Dans le secteur bancaire, les clients déposent leurs fonds et perçoivent un taux d’intérêt tant que l’argent reste placé. Les banques prêtent ces fonds à des entreprises, génèrent des intérêts plus élevés et reversent une part des gains aux déposants.
Le staking crypto présente toutefois des différences majeures. On y utilise des actifs numériques plutôt que de la monnaie fiduciaire, ce qui apporte davantage de transparence et de sécurité via la blockchain.
Autre distinction, les protocoles de staking offrent des récompenses plus élevées grâce à leurs incitations. Les blockchains fonctionnent sans intermédiaires ni autorités centrales : les récompenses qui iraient à des tiers sont reversées directement aux utilisateurs, augmentant ainsi les rendements.
Dans sa forme la plus simple, le staking consiste à verrouiller des actifs crypto sur une période donnée pour sécuriser le réseau. En échange, les utilisateurs reçoivent des tokens nouvellement émis par le protocole. Le staking devient un secteur autonome, avec une valeur totale verrouillée (TVL) en forte croissance dans l’écosystème blockchain.
L’écosystème Ethereum propose diverses options de staking, chacune conçue pour répondre à des besoins spécifiques et optimiser le potentiel de croissance. Bien connaître les variantes et leurs limites permet de choisir une stratégie adaptée à ses objectifs d’investissement.
Le staking autonome consiste à devenir validateur sur la blockchain Ethereum PoS. Les validateurs mobilisent des montants significatifs d’ETH pour valider les transactions du réseau. Contrairement à la compétition du PoW, les validateurs se relaient pour confirmer les transactions, ce qui réduit l’empreinte carbone et accroît l’efficacité.
Le staking autonome sur Ethereum impose toutefois un seuil élevé : il faut staker au moins 32 ETH. Avec la volatilité du prix d’ETH, cette exigence rend cette option coûteuse et peu accessible aux investisseurs individuels.
Par ailleurs, le staking autonome expose à des pénalités importantes en cas de défaillance du réseau ou d’erreur du validateur. Le protocole peut prélever tout ou partie des ETH stakés, obligeant le validateur à racheter des ETH pour rester actif.
Enfin, les validateurs ne peuvent retirer leurs actifs qu’à la fin de la période de blocage, ce qui limite leur flexibilité : pendant l’intervalle, ils ne peuvent pas transférer leurs fonds vers d’autres plateformes.
Le staking sur plateforme d’échange constitue une alternative moins exigeante en capital, proposée par les plateformes centralisées. Elles mutualisent les actifs des clients pour le staking, agissent comme validateurs ou délèguent les fonds à d’autres validateurs.
L’avantage principal est que les utilisateurs peuvent staker ou retirer leurs fonds à tout moment, la liquidité étant assurée par le volume du pool. Cela rend le staking accessible et flexible pour tous.
Il est aussi possible de staker n’importe quel montant, sans exigence de minimum de 32 ETH. Les plateformes distribuent habituellement les récompenses de staking chaque jour ou chaque mois aux contributeurs.
Cette formule présente cependant des inconvénients : la gestion centralisée implique un manque de transparence sur l’utilisation des fonds et une dépendance vis-à-vis d’un tiers, en contradiction avec l’esprit décentralisé de la blockchain.
Les plateformes peuvent en outre connaître des incidents d’insolvabilité ou de sécurité, ce qui peut empêcher le retrait des actifs. La plupart des exchanges prélèvent aussi des frais de retrait, réduisant la rentabilité réelle.
Le staking fixe reste populaire, même s’il manque de flexibilité. Les actifs stakés restent inaccessibles jusqu’à la fin de la période d’engagement. Cette solution attire ceux qui recherchent une discipline financière et n’ont pas besoin de leurs fonds à court terme.
Les périodes de blocage vont généralement de un à trois mois sur la plupart des plateformes, et sont parfois plus longues pour les validateurs stakant directement sur Ethereum. En contrepartie, le staking fixe offre souvent des rendements supérieurs au staking flexible, du fait de l’engagement sur la durée.
Le liquid staking est aujourd’hui le service de staking le plus évolué. Il requiert de mobiliser des fonds pour sécuriser le réseau mais—contrairement au staking classique—il conserve la liquidité en donnant accès à des versions tokenisées des actifs stakés.
À la différence du PoS classique, le liquid staking implique de déposer les actifs sur des protocoles DeFi spécialisés. Les utilisateurs peuvent accéder à leurs tokens stakés à tout moment, la tokenisation assurant une liquidité élevée.
Le liquid staking permet de multiplier les sources de revenus avec les actifs crypto, puisqu’il est possible de verrouiller des fonds tout en les utilisant sur d’autres protocoles DeFi, optimisant ainsi l’efficacité du capital et les rendements.
Le liquid staking présente des points communs avec d’autres méthodes de staking mais possède son propre mécanisme. Une nouvelle génération de protocoles de liquid staking facilite la croissance efficace des portefeuilles crypto.
Ces protocoles permettent de staker n’importe quel montant et de retirer ses fonds sans affecter le dépôt initial. Les fonds sont verrouillés sur la plateforme de liquid staking et les utilisateurs reçoivent des versions tokenisées de leurs actifs. Ces tokens dérivés conservent une valeur de 1:1 avec l’actif d’origine mais portent un symbole distinct pour identification.
Par exemple, staker 1 ETH chez un fournisseur de liquid staking et demander un dérivé génère du stETH, où “st” indique de l’ETH staké. Le token stETH est équivalent en valeur à l’ETH et peut être utilisé sur les plateformes DeFi.
Ces nouveaux tokens peuvent être transférés, stockés ailleurs, échangés ou utilisés comme collatéral—sans affecter le dépôt initial. La flexibilité du liquid staking n’est qu’un de ses nombreux atouts.
Les utilisateurs continuent de percevoir des récompenses sur leur dépôt initial et peuvent générer des rendements supplémentaires en employant les tokens dérivés sur d’autres plateformes DeFi. Pour récupérer leur dépôt, il faut restituer le montant équivalent de tokens tokenisés. Certains protocoles de liquid staking appliquent des frais de plateforme, variables selon le fournisseur.
Le staking permet aux détenteurs de crypto d’optimiser leurs actifs et de faire croître leur patrimoine. Le liquid staking va plus loin, avec plusieurs avantages majeurs.
Un atout clé du liquid staking réside dans sa liquidité accrue et sa flexibilité. Le verrouillage prolongé des fonds est risqué, vu la volatilité des cryptos. Lorsque les actifs sont bloqués, leur valeur évolue avec la performance de l’actif sous-jacent.
En période de marché baissier, le staking classique peut entraîner des pertes réalisées si l’utilisateur ne peut retirer à temps. Le liquid staking permet d’utiliser les versions tokenisées pour déployer le capital sur des stratégies rémunératrices ou compenser les pertes, et saisir de nouvelles opportunités de marché.
Autre avantage : la possibilité de multiplier les sources de revenus. Les utilisateurs peuvent staker sur une plateforme et utiliser l’actif tokenisé comme collatéral pour emprunter des cryptos. Les fonds empruntés peuvent ensuite être placés sur des protocoles à rendement plus élevé, augmentant encore les gains.
Cette flexibilité et cette composabilité font du liquid staking une solution privilégiée par les utilisateurs DeFi, notamment ceux qui optimisent leurs rendements via des stratégies complexes.
Comme tout système financier, le liquid staking implique des risques et des limites à examiner avant de s’y engager.
Un risque principal est la décorrélation possible des actifs tokenisés par rapport aux tokens stakés d’origine. Par exemple, le stETH a pu s’échanger en dessous du prix de l’ETH à cause de la volatilité de l’offre et d’une forte pression vendeuse.
Autre risque : la perte des actifs tokenisés lors de transactions échouées ou de piratages entraîne aussi la perte de l’accès au dépôt initial. Pour récupérer le capital, il faudrait déposer à nouveau une valeur équivalente, engendrant une perte.
Le liquid staking, bien qu’innovant, repose sur des smart contracts. Ces derniers automatisent les processus mais peuvent comporter des erreurs ou des failles, exploitables par des pirates, et entraîner la perte totale des actifs sans recours.
Il convient aussi de surveiller les risques de liquidité en période de forte volatilité, car convertir les tokens dérivés en actifs originels à une juste valeur peut devenir difficile.
Le liquid staking est proposé par différentes plateformes spécialisées. Voici les principaux protocoles et les actifs qu’il est possible d’y staker.
Lido Finance est le leader du marché du liquid staking. Lancé en 2020, il permet de staker de l’Ether sans verrouillage total. D’abord centré sur Ethereum, Lido s’est étendu à d’autres blockchains.
Les utilisateurs peuvent staker sur des blockchains PoS comme Ethereum, Solana, Polygon, Polkadot et Kusama, puis utiliser leurs actifs dans d’autres activités DeFi, notamment via des plateformes de prêt comme Aave et diverses stratégies de rendement.
Après le staking, Lido émet un token au format “st+code de l’actif”. Ce dérivé peut être utilisé sur plus de 27 applications DeFi pour maximiser les gains.
Les rendements de staking chez Lido vont de 4,8% à 15,5%, selon l’actif. En plus de son service principal, Lido fonctionne comme une DAO régie par le token LDO, permettant aux utilisateurs de voter et de faire croître leurs actifs via le staking.
Lido prélève 10% de frais sur les récompenses, un taux compétitif par rapport aux autres plateformes.
Rocket Pool est un autre acteur de premier plan, lancé en 2016. Il propose une solution décentralisée et sans confiance pour staker de l’ETH.
Deux options sont proposées : staker de l’ETH pour obtenir du rETH ou exploiter un nœud pour participer à la validation du réseau.
Chaque service offre ses propres récompenses. Les utilisateurs qui stakent de l’ETH pour du rETH reçoivent un rendement annuel d’environ 4,16%. Les opérateurs de nœuds perçoivent un rendement fixe de 6,96% par an, plus des récompenses RPL flexibles pour leur rôle dans la sécurité du réseau.
Les opérateurs de nœuds peuvent commencer avec seulement 16 ETH, ce qui rend le service plus accessible et économique.
Tempus est un protocole de liquid staking conçu pour offrir un revenu fixe à partir des tokens. Les utilisateurs peuvent ainsi générer des revenus passifs prévisibles avec leurs actifs numériques sur les différents protocoles pris en charge.
Tempus met en avant trois usages principaux : sécuriser la croissance future des actifs crypto, spéculer sur les taux de croissance via des dérivés et déployer des actifs tokenisés dans des pools de liquidité pour obtenir des frais de trading.
Tempus prend en charge la plupart des tokens à rendement sur Ethereum et Fantom, dont stETH, yvDAI, xSUSHI et aUSDC. Le protocole intègre aussi un automated market maker (AMM) pour une gestion optimale de la liquidité.
Tempus ne facture pas de frais directs sur le staking, mais des frais de swap s’appliquent lors de la fourniture de liquidité dans le pool AMM selon le volume d’échange.
Hubble Protocol s’est distingué à la suite du hackathon Solana, grâce à ses services de prêt innovants. Les utilisateurs peuvent emprunter en utilisant leurs actifs stakés comme collatéral sur d’autres plateformes DeFi.
Ce mécanisme permet d’amplifier l’exposition au staking et de percevoir des gains tant sur le dépôt initial que sur les fonds empruntés. Le stablecoin USDH joue un rôle central, assurant la stabilité des prix pour les services de prêt.
Hubble accepte plusieurs actifs et les dépôts de l’écosystème Solana. La plateforme propose jusqu’à 11x d’effet de levier sur le collatéral, adapté aux investisseurs expérimentés cherchant un potentiel de croissance exponentiel.
Des frais de 0,5% sont appliqués sur les prêts, un taux très compétitif dans le secteur DeFi.
Meta Pool propose du liquid staking pour le réseau Near. Les utilisateurs peuvent staker du NEAR et recevoir du stNEAR, utilisable dans des activités DeFi sur Near et Aurora, pour augmenter leurs rendements.
Meta Pool délègue les dépôts à 65 validateurs, ce qui répartit le risque et optimise les gains. Les utilisateurs peuvent obtenir jusqu’à 9,76% de rendement annuel, hors bonus complémentaires issus d’autres activités.
En utilisant les actifs tokenisés sur Aurora, il est possible de générer un rendement supplémentaire jusqu’à 9,76%, créant ainsi deux sources de revenus. Le déstaking instantané est proposé, avec des frais de 0,3% pour garantir la liquidité du pool.
Le liquid staking OKTC est une solution avancée sur OKT Chain (OKTC), proposée par une plateforme d’échange majeure. Elle permet de staker et de gagner du OKT tout en conservant une forte liquidité.
En stakant du OKT, l’utilisateur reçoit du stOKT, un token KIP-20 flexible, échangeable et utilisable librement dans tout l’écosystème OKTC. Le stOKT peut être transféré, utilisé comme collatéral ou déployé sur d’autres protocoles DeFi.
Les utilisateurs peuvent aussi percevoir des frais de swap en fournissant de la liquidité aux pools OKTC pour compléter leurs revenus passifs. Cette solution est particulièrement recherchée par les détenteurs de OKT soucieux d’optimiser leurs rendements.
L’une des applications les plus puissantes du liquid staking est son usage dans la DeFi. Le yield farming est un cas d’usage central : les actifs tokenisés peuvent être déployés dans différents protocoles générateurs de rendement.
Le yield farming permet de verrouiller des actifs puis d’utiliser leurs versions tokenisées comme collatéral pour emprunter ou trader, générant à la fois des revenus de trading et des récompenses de staking.
Par exemple, on peut staker de l’ETH sur Lido pour obtenir du stETH, puis utiliser ce stETH comme collatéral sur Aave afin d’emprunter des stablecoins. Ces stablecoins peuvent servir à acheter plus d’ETH ou être investis sur d’autres protocoles de yield farming pour augmenter les rendements.
Il est toutefois indispensable de surveiller les risques de liquidation lors de l’utilisation de l’effet de levier et de maintenir des ratios de collatéral adaptés pour éviter toute perte d’actifs.
Le liquid staking est une approche de nouvelle génération permettant de mobiliser ses actifs avec un potentiel de croissance élevé. Au lieu de bloquer ses fonds sans accès, le liquid staking délivre une version très liquide de l’actif, utilisable sur diverses plateformes.
Le liquid staking connaît ainsi un succès croissant : il permet de retirer ou déployer ses actifs à tout moment, tout en continuant de percevoir des récompenses. La possibilité de générer plusieurs sources de revenus via un seul investissement est un avantage clé.
Il reste essentiel de comprendre les risques inhérents : décorrélation des actifs, failles des smart contracts et contraintes de liquidité. Si les rendements peuvent être élevés, le liquid staking s’adresse avant tout aux utilisateurs expérimentés maîtrisant la DeFi.
Avec l’évolution de la DeFi, le liquid staking s’impose comme un outil incontournable pour optimiser l’efficacité du capital et maximiser les rendements des investisseurs crypto.
Le liquid staking permet de conserver des tokens liquides et échangeables, là où le staking classique bloque les actifs et empêche toute utilisation libre. Le liquid staking tokenise les actifs pour offrir une flexibilité supérieure.
En stakant vos tokens auprès de nœuds validateurs, vous recevez des récompenses issues de l’inflation du réseau. Les rendements annuels (APY) se situent généralement entre 8 et 12%, variable selon le token et la plateforme.
Les risques majeurs sont la liquidité en cas de fortes baisses de marché, le risque de crédit lié à la plateforme et la volatilité du prix de l’actif. Il est crucial de surveiller la fiabilité de la plateforme et les fluctuations du marché.
Les principaux acteurs sont Lido, Aave, Uniswap, Compound, Balancer et Curve. Le choix doit s’appuyer sur les taux de rendement, la réputation et l’historique. Privilégiez les plateformes fiables avec une valeur totale verrouillée élevée pour limiter les risques.
Les LST apportent de la liquidité et peuvent être utilisés sur tout protocole DeFi compatible ERC-20, augmentant la flexibilité et permettant d’obtenir des rendements supplémentaires sur d’autres applications DeFi.











